Gustave, Marcel, Louis, Joseph, Nourry naît le 18 mars 1890 à Guérigny (Nièvre), chez ses parents, Hubert Nourry, 29 ans, lamineur, Marie Lavache, 27 ans. pour « l’État », et Marie Lavache, 27 ans, couturière, son épouse, domiciliés rue de Châtres. Gustave a – au moins – un frère, Robert né le 16 mars 1888, et une sœur, Andrée, née vers 1906.
Pendant un temps, Gustave Nourry travaille comme « ouvrier de marine », pilonnier (ouvrier forgeron particulièrement chargé du maniement du marteau pilon dans une aciérie), aux Forges nationales de la Chaussade, à Guérigny, dédiées par la Marine nationale à la construction navale.
Guérigny, les Forges de la Chaussade. Carte postale “voyagée” en juillet 1916. Collection Mémoire Vive.
Le 1er octobre 1911, il est incorporé comme soldat de 2e classe au 90e régiment d’infanterie pour y accomplir son service militaire. Cependant, la commission spéciale de Châteauroux le réforme temporairement pour « musculature insuffisante ; maladie antérieure à l’incorporation. » Il est rappelé à l’activité militaire le 15 octobre 1912. Un mois plus tard, il passe à la 9e section de secrétaires d’état-major.
Le 10 avril 1915, à Guérigny, Gustave Nourry se marie avec Yvonne Proteau, née le 2 novembre 1895 à Déols (Indre). Ils auront une fille, Huberte, née le 3 février 1916 à Déols.
Le 20 octobre 1915, Gustave Nourry est classé non affecté comme aide-ouvrier aux Forges de la Chaussade. Congédié le 8 juin 1920, il est réaffecté au 13 régiment d’infanterie. Le 9 décembre suivant, il est classé dans l’affectation spéciale comme manœuvre employé par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO), à Châteauroux (Indre). En septembre 1920, il habite à Déols, commune limitrophe. Il est peut-être définitivement démobilisé le 23 août 1921, titulaire d’un certificat de bonne conduite.
En février 1925, il habite rue Lavoisier, dans le quartier de Vésine, à Châlette(-sur-Loing), commune limitrophe de Montargis (Loiret – 45). Au moment de son arrestation, il habite au 7, rue Pascal.
Gustave Nourry est ouvrier à l’usine de caoutchouc Hutchinson de Châlette, au lieu-dit Langlée ; comme l’aurait été le jeune Paul Chenel, arrêté le 10 février 1941.
L’usine Hutchinson de Langlée. Carte postale oblitérée en 1932. Coll. Mémoire Vive.
Militant communiste, Gustave Nourry est secrétaire de la cellule de Vésine.
Il reste actif sous l’Occupation en participant à la diffusion de tracts, notamment dans son entreprise.
Le 22 juin 1941, à 19 heures, Gustave Nourry est arrêté à son domicile par trois Feldgendarmen et conduit à la « prison » d’Orléans – à la Maison d’arrêt de la ville, rue Émile-Zola, ou à la prison militaire du 14, rue Eugène-Vignat -, comme Henri Gaget, de Dadonville. Simultanément trois gendarmes allemands se présentent au domicile de René Mazoyer, ancien secrétaire du Parti communiste à Montargis, mais celui-ci est déjà en détention administrative sur arrêté du préfet.