Gustave, Pierre, Raballand naît le 24 août 1907 à Saint-Jean-de-Monts (Vendée), chez ses parents, Pierre Auguste Raballand, 26 ans, et Marie Louise Viaud, 25 ans, son épouse, cultivateurs « près la Faucherie » lieu dit où plusieurs familles Raballand sont installées. En 1923, la famille comptera deux autres enfants.
Le 21 août 1914, rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale, leur père rejoint le 3e régiment d’infanterie à La Roche-sur-Yon, comme soldat de 2e classe. Le 7 septembre suivant, il part en renfort au 93e R.I. Le 3 octobre, devant Albert, il est blessé au pied droit et évacué. Il revient au dépôt le 16 novembre. Le 7 juin 1915 à Hébuterne (Pas-de-Calais), au début d’une offensive contre la ferme fortifiée de Toutvent [1], il est blessé à la main gauche (auriculaire). Le 1er juin 1916 dans le secteur de Verdun, Il est encore blessé. Le 23 avril 1917 à Reims, il subit une blessure à l’oreille avec conjonctivite de l’œil gauche. Le 16 décembre, il est cité à l’ordre de sa division (?) : « Bon soldat, ayant toujours accompli son devoir … ». Le 4 février 1919, il est mis en congé illimité de démobilisation.
Le 16 août 1930 à La Barre-de-Monts (85), Gustave Raballand (22 ans) – alors charron et domicilié à Rezé (Charente-Inférieure / Loire-Atlantique [1] – 44) chez ses parents – se marie avec Reine Émilie Marie Guillaume, née le 12 septembre 1910 (19 ans) à Jans (44), couturière. Ils auront deux enfants.
Au moment de son arrestation, Gustave Raballand est domicilié au 9, place Moreau à la Haute-Ile, Pont-Rousseau à Rezé, agglomération de Nantes (44).
Gustave Raballand adhère au parti communiste en 1933. En 1936, il est le secrétaire adjoint du Comité de Front populaire de Rezé. Il est aussi responsable de la propagande au Parti communiste et des Comités de défense de L’Humanité (CDH) pour le sud de la Loire à Nantes et à Rezé.
Il travaille comme ajusteur à la SNCAO (Société nationale de construction aéronautique de l’Ouest), une usine d’aviation crée par Louis Breguet et inaugurée en 1937 à Bouguenais (proche de Rezé) pour construire des avions de guerre (bombardiers Bloch MB-210 et chasseurs Morane-Saulnier MS-406).
Lors de la mobilisation, Gustave Raballand est “affecté spécial” – utile à la défense nationale – dans son usine, puis est rappelé à la base militaire de Chartres le 24 janvier 1940. Il est ensuite envoyé en Algérie, à Blida puis à Ouargla, où les 180 hommes de la Compagnie, considérés comme de “fortes têtes” doivent – en pleine guerre – pelleter du sable et casser des cailloux dans la chaleur torride du Sahara. Il est démobilisé le 3 septembre 1940.
Gustave Raballand retrouve son travail et reprend clandestinement ses activités politiques et syndicales.
Le 7 décembre 1940, des policiers de la police judiciaire d’Angers l’arrêtent à 2 heures du matin, à son domicile, et le conduisent à la prison de Nantes en application du décret du 4 décembre 1940. Mêlés aux prisonniers de droit commun, les communistes protestent et réclament le régime politique.
Le 28 décembre 1940, Gustave Raballand est placé au centre de résidence surveillée du Croisic (44), surveillé par des gardes mobiles français.
Le 16 avril 1941, il est libéré après avoir signé une déclaration selon laquelle il s’engage à « ne pas faire de politique qui pourrait nuire au gouvernement ».
Embauché aux Chantiers de la Loire, qui effectuent des réparations sur les navires allemands, il y organise le sabotage des compresseurs et de l’outillage. Il recrute pour l’O.S. (organisation spéciale : premiers groupes armés du Parti communiste), récupère des armes jetées dans la Sèvre Nantaise lors de la retraite, et des explosifs dans une carrière de pierre. Les armes sont remises en état par un ancien armurier, Henri Adam, qui sera fusillé par les Allemands. Gustave Raballand distribue également tracts et journaux clandestins dénonçant la collaboration pratiquée par le régime de Vichy.