Hélène SOLOMON

Matricule 31684
decede
Portrait documenté de Hélène SOLOMON
Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Convoi 31000

Hélène Henriette Langevin naît le 25 mai 1909 à Fontenay-aux-Roses (Seine / Hauts-de-Seine), chez ses parents, Paul Langevin, 37 ans, professeur au Collège de France, et Emma Desfosses 34 ans, son épouse, alors domiciliés au 53 rue Boucicaut. Les témoins pour la déclaration de la nouveau-née à l’état civil sont un autre professeur du Collège de France et un directeur d’école.

Hélène est élevée à Paris avec ses deux frères, Jean Théodore, né le 18 décembre 1899 à Paris 5e, André Jacques, né en 1901 à Palaiseau (Seine-et-Oise), et sa sœur, Madeleine, Marie, née le 29 janvier 1903 à Paris 13e, chez ses parents, alors domiciliés au 21 boulevard Saint Marcel.

En 1926, la famille est installée au 10 bis boulevard de Port-Royal à Paris 5e. Hélène commence par fréquenter l’école communale de la rue Monge, puis va au lycée Fénelon qu’elle quitte après avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires.

À partir de 1927, la famille habite au 10 rue Vauquelin, un logement de fonction au sein de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris, qui forme des ingénieurs dans ces spécialités, et dont Paul Langevin est directeur depuis 1925, y faisant progresser la recherche et la science fondamentale.

Le 24 juillet 1929, à Paris 5e, étant étudiante, Hélène épouse Jacques Iser Solomon, né le 4 février 1908 à Paris 18e, alors étudiant en médecine ; plus tard, celui-ci sera chargé de recherche en Physique théorique au Centre national de la recherche scientifique. Les témoins au mariage sont Antoine Béclère, pionnier de la radiologie et de la radiothérapie, membre de l’Académie de Médecine, et Georges Urbain, professeur de Chimie à La Sorbonne, membre de l’Institut.

En 1934, Jacques Solomon adhère au Parti communiste. Il enseigne à l’Université ouvrière et collabore aux Cahiers du Bolchevisme ainsi qu’à L’Humanité . Il est l’un des secrétaires de l’Union des intellectuels français pour la justice, la liberté et la paix. Le couple habitera au 3, rue Vauquelin à Paris.

Le 30 octobre 1940, le père d’Hélène, Paul Langevin, alors âgé de 68 ans, est arrêté dans son bureau de l’École supérieure de physique et de chimie sur ordre du Sturmbannführer Karl Bömelburg, ou Boemelburg, chef de la section IV (Gestapo) de la police de sûreté allemande à Paris (désigné comme « conseiller »), et emprisonné 38 jours au secret à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e). Les protestations, la manifestation des étudiants devant le Collège de France le 8 novembre 1940 (« Libérez Langevin »), font réfléchir les Allemands, qui le relâchent le 15 décembre 1940 et le placent en résidence surveillée à Troyes (Aube).

En 1942, Hélène et son mari font partie du Front national universitaire : rédaction de L’Université libre – qui paraît depuis novembre 1940 et qui en est à son 50e numéro – de La Pensée libre ; un numéro de cette dernière publication est en préparation lors de leur arrestation.

Le 1er mars 1942, Jacques Solomon est arrêté à Paris. Il était filé par les policiers des brigades spéciales de la préfecture de police depuis l’arrestation de Georges Politzer, le 14 février précédent. Hélène est arrêtée le lendemain, au moment où elle retire de la consigne de la gare Saint-Lazare une valise qu’elle y a portée la veille, préparatifs pour déménager d’urgence, à cause des arrestations qui se succèdent depuis deux semaines dans leur groupe.

Le 10 mars, après quelques jours dans les bureaux des Renseignements généraux, Hélène est conduite au dépôt. Le 23 mars, elle est transférée à la Maison d’arrêt de la Santé, au secret.

Le 23 mai, Jacques Solomon est fusillé au fort du Mont-Valérien avec Georges Politzer ; Hélène est autorisée à lui dire adieu dans la prison.

Le 24 août 1942, Hélène fait partie des détenues – dont trente-cinq futures “31000” – transférées au camp allemand du fort de Romainville, sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis). Elle y enregistrée sous le matricule n° 685, juste devant Marie-Claude Vaillant-Couturier.