Hélène ALLAIRE

Née Bolleau
Matricule 31807
🟢 Résistante survivante, rapatriée en 1945
Photographie non retrouvée pour Hélène ALLAIRE
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.
Hélène Bolleau naît le 6 avril 1924 à Royan, en Charente-Inférieure. Son père Roger travaille aux Postes et devient facteur-chef à Pontaillac ; sa mère, Emma Laumondais, partage ses engagements. Installée à Royan avec ses parents, Hélène obtient le brevet élémentaire et le brevet commercial. Elle exerce comme secrétaire lorsqu’elle entre, encore adolescente, dans l’activité clandestine familiale. En 1942, elle dactylographie les stencils servant à imprimer des tracts et des journaux communistes interdits. Roger Bolleau est arrêté le 7 mars, en même temps que sa fille. Hélène est libérée six jours plus tard, mais ne rentre pas chez elle : elle passe dans la clandestinité au sein du Front national des jeunes et maintient les liaisons du groupe Germain. Elle distribue des tracts, collecte de l’argent pour les militants et participe à l’impression de La Voix des Charentes et de Jeunesse libre. Ses missions la conduisent dans les Deux-Sèvres, en Vendée et jusqu’à Angers. Revenue à Royan chercher des vêtements et des tickets d’alimentation avant un départ pour Paris, elle est arrêtée le 7 août 1942 par des policiers allemands et français. Emprisonnée à La Rochelle, Hélène est rejointe par sa mère, arrêtée le 15 septembre. Son père est fusillé comme otage au Mont-Valérien le 21 septembre. Les deux femmes passent par la prison d’Angoulême, puis arrivent au fort de Romainville le 18 novembre. Elles sont transférées à Compiègne les 22 et 23 janvier 1943 et déportées le 24 janvier. À Birkenau, Hélène reçoit le matricule 31807, tandis que sa mère porte le 31806. Emma meurt rapidement. Hélène contracte le typhus, survit au Revier et rejoint ensuite un atelier de tresses de cellophane. Le 3 août 1943, elle fait partie des survivantes placées en quarantaine, période moins meurtrière durant laquelle elle peut enfin écrire à ses proches. En juin 1944, elle travaille dans un atelier de couture. Le 2 août, elle est transférée à Ravensbrück. Malade au Revier lorsque ses compagnes partent pour Mauthausen en mars 1945, elle reste au camp. La Croix-Rouge la libère le 23 avril et l’emmène en Suède. Elle est rapatriée de Stockholm par avion le 23 juin 1945, âgée de vingt et un ans. À son retour, Hélène retrouve Paul Allaire, résistant lui-même revenu de Dachau. Ils se marient à la fin de 1945 et fondent une famille. Très éprouvée, elle reconstruit progressivement sa vie et participe aux rencontres d’anciennes déportées. Derrière le matricule 31807 demeure une très jeune résistante, engagée avant ses dix-huit ans et survivante de deux camps.