Hélène BRABANDER

Résistante du réseau Monika
Matricule 31695
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Hélène BRABANDER
Crédit non indiqué par la source
Hélène Brabander naît le 25 mai 1923 à Paris dans une famille d’origine polonaise. Son père, François Brabander, est médecin ; sa mère Sophie possède une formation juridique. Elle grandit avec son frère cadet Romuald, né en 1926. Toute la famille appartient à la POWN, Organisation polonaise de lutte pour l’indépendance, réseau de résistance connu en France sous le nom de Monika. Le 29 septembre 1942, la Gestapo arrête les parents d’Hélène à leur domicile, puis Romuald quelques heures plus tard. Tous trois sont interrogés rue des Saussaies et conduits au fort de Romainville. Hélène, qui a passé la nuit chez des amis, est arrêtée le lendemain matin lorsqu’elle rentre chez elle. Elle rejoint immédiatement sa mère au fort, sous le numéro 840. François et Romuald sont ensuite transférés au camp de Royallieu, tandis qu’Hélène et Sophie restent ensemble. Le 21 janvier 1943, elles font partie du premier groupe de femmes conduit de Romainville à Compiègne. Le 24 janvier, mère et fille sont déportées dans le même convoi. Les wagons féminins arrivent à Auschwitz le 26 janvier au soir. Le lendemain, elles entrent au camp de femmes de Birkenau. Sophie est enregistrée sous le matricule 31694 et Hélène sous le 31695, tous deux tatoués. Lors de la tonte, Sophie prend elle-même les ciseaux pour couper les cheveux de sa fille. Le 3 février, Hélène est photographiée à Auschwitz-I selon les trois vues de l’anthropométrie policière allemande. Sophie meurt au Block 25 le 22 février 1943 selon l’acte du camp. Hélène, désormais seule, contracte le typhus et est admise au Revier. Au début de mai, elle est si affaiblie qu’elle ne tient plus debout. Les conditions imposées aux malades, privées de nourriture, de soins réels et souvent d’eau, rendent toute guérison presque impossible. L’administration SS fixe la mort d’Hélène au 23 mai 1943, deux jours avant son vingtième anniversaire. Les rescapées la situent plutôt vers le 12 ou le 13 mai. Cette divergence demeure signalée. Son frère Romuald survit à la déportation et rentre en France en juin 1945 ; il apprend alors la mort de sa mère et de sa sœur. Hélène Brabander demeure une très jeune résistante engagée avec toute sa famille dans une organisation polonaise en France. Derrière le matricule 31695, sa photographie d’Auschwitz conserve le visage d’une Parisienne de dix-neuf ans. Son histoire rappelle aussi le sort collectif d’une famille arrêtée pour un même engagement et dispersée par les camps.