Henri FONTAINE

Matricule 45548
decede
Photographie de Henri FONTAINE
Henri Fontaine en 1940 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/11/fontaine-henri_05/
Convoi 45000

Henri Fontaine naît le 27 août 1901 à Nancy (Meurthe-et-Moselle – 54), fils Claude Léon Fontaine, 32 ans, employé de commerce, et de Marthe Bohrer, 27 ans, son épouse, domiciliés au 6 bis, rue Saint-Anne. À sa naissance, Henri a un frère aîné, Georges, né le 23 novembre 1899. Leur sœur Léontine naît le 5 octobre 1903. Plus tard, ils emménagent à Pont-à-Mousson (54), où leur sœur Georgette naît en 1909.

En 1921, la famille est installée au 128 ou 139, rue de Véel à Bar-le-Duc (Meuse) ; Henri est électricien dans l’usine à gaz de la ville, et Léontine est employée de commerce à la Coopérative départementale. Son frère Georges accomplit alors son service militaire.

Henri, lui, est exempté de service militaire à trois reprises (1921, 1922 et 1923), pour « faiblesse générale », par le Conseil de révision de la Meuse. Par la suite, il semble ne pas avoir été appelé.

Le 16 janvier 1926, à Bar-le-Duc, Henri Fontaine se marie avec Henriette Klipffel, née en 1907 à Bar-le-Duc. Ils s’installent au 54, rue de Couchot. Henri travaille alors comme électricien dans la fonderie Durenne de la ville, spécialisée dans la fabrication de conduites de gaz en fer (entreprise Bradfer et fils et Cie. A. A. Durenne). Henriette est tisserande chez Unterner. Ils auront – au moins – deux filles : Jacqueline, née en 1927, et Colette, née en 1929, toutes deux à Bar-le-Duc.

En 1926, Henri Fontaine adhère au Parti communiste.

En avril 1928, il est secrétaire par intérim du syndicat unitaire des Métaux (CGTU) lorsqu’il se présente aux élections législatives dans l’arrondissement. Sa candidature ne fait cependant pas l’unanimité parmi les militants communistes : la majorité des membres de la cellule de Ligny-en-Barrois décide de soutenir le candidat socialiste (SFIO), tandis que le secrétaire de celle-ci adhère au Parti socialiste.

En juillet 1929, la famille Fontaine est installée à Ligny-en-Barrois, village situé à 15 km au sud-est de Bar-le-Duc, sur les bords du canal de la Marne au Rhin. En 1931, ils habitent rue Leroux (au n° 72 ?) ; Henri Fontaine est ouvrier électricien (avec André Ipcher, chef de secteur électricien pour l’entreprise Meuse et Marne).

Ligny-en-Barrois. Carte postale postée en 1933. Collection Mémoire Vive.

En 1936, et jusqu’au moment de son arrestation, Henri Fontaine et sa famille habitent une maison individuelle sur la route de Morlaincourt (D156), au bord de l’Ornain, à proximité d’un grand transformateur de distribution électrique (s’agit-il d’un logement de fonction ?).

Début 1940, après avoir été un temps classé « inapte à l’infanterie », Henri Fontaine rejoint finalement le 6e dépôt d’infanterie militaire le 15 avril. Le 13 mai, il rejoint le dépôt de guerre d’infirmiers n° 6 comme soldat de 2e classe. Le lendemain, il est affecté à l’hôpital complémentaire Libergier (dans l’École Pratique de Commerce et d’Industrie ?) à Reims. Le 20 juillet, il est dirigé sur la 16e section d’infirmiers militaires (SIM) à Lunel (Hérault) – en zone non-occupée – où il est démobilisé le lendemain, pouvant dès lors rentrer à Ligny.

Henri Fontaine est arrêté entre le 22 et le 24 juin 1941, probablement dans le cadre de l’ Aktion Theoderich [1], ainsi que son frère Georges, pris à Saint-Dizier (52) : ils suivent ensuite le même parcours en détention. Dans les jours suivants, ils sont internés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.