Henri Gorgue naît le 14 avril 1907 à Paris 20e, chez ses parents, Georges Gorgue, quarante ans, ouvrier-gainier, et Juliette Moullé, 28 ans, son épouse, domiciliés au 3, rue du Télégraphe. Son père, employé place de Victoires à Paris, créera l’écrin de la Médaille militaire distribuée à la fin de la guerre 1914-1918. La famille comptera sept enfants, dont Andrée, né le 12 mai 1902, Charles, né le 31 janvier 1904, Georgette, née le 17 juillet 1911 ; un de ses frères deviendra instituteur, puis préfet du Nord.
Après l’obtention du Certificat d’études, Henri Gorgue est apprenti chez un artisan menuisier. Puis il devient charpentier en fer.
Le 30 octobre 1926,à Romainville [1] (Seine-Saint-Denis – 93), il se marie avec Hélène Roulinat, bobineuse, dont il a une fille, née en 1928 dans la commune.
Pendant un temps, Henri Gorgue est domicilié au 128, avenue de Brazza (aujourd’hui Pierre-Kérautret) à Romainville. Dans les années 1937-1938, il habite au 2, cité Larochefoucault.
Il effectue son service militaire au 105e régiment d’artillerie de Bourges (Cher) – grosse artillerie… à cheval -, où il suit la formation du peloton d’élèves sous-officiers.
Il travaille avec son beau-père – lequel avait monté les pavillons des Halles de Paris et a travaillé à l’entretien de la Tour Eiffel – dans le Bâtiment, chez Leroux, un entrepreneur du 15e arrondissement. C’est alors qu’Henri Gorgue adhère au Parti communiste. Il est syndiqué à la CGTU.
En 1933, il est embauché comme ouvrier à l’atelier d’entretien des usines Citroën. Il apprend à tracer avec un ancien des chantiers navals.
En 1934, il adhère au Parti communiste, membre de la cellule Trois communes, à Romainville. Il est également un militant “notoire” du Secours Populaire (International, puis de France).
Dans les années 1935-1938, il est déclaré domicilié chez ses beaux-parents au 2, cité Larochefoucault, à Romainville.
Le 12 mai 1935, Henri Gorgue est élu conseiller municipal communiste de Romainville sur la liste de Pierre Kérautret. Désigné comme quatrième adjoint le 18 mai, il est délégué sénatorial titulaire en 1935 et 1938.
Lors des grèves de 1936, il est actif dans l’organisation du mouvement revendicatif dans son atelier chez Citroën (probablement licencié). Il est un temps secrétaire du Comité des chômeurs de Romainville.
Le 28 novembre 1936, Henri Gorgue part combattre comme volontaire dans les Brigades internationales avec son frère, Roger, et Boris Guimpel (un autre de ses frères s’y engagera). Il est nommé commissaire politique du 1er groupe d’artillerie, sous les ordres du commandant Rigaud, puis affecté pendant six mois au commandement de la place de Madrid, sous les ordres d’André Marty. Le 23 mars 1937, il est désigné comme commissaire politique du groupe d’artillerie de la base d’Almansa, dans la province d’Albacete.