Jean, Henri, Marti naît le 14 septembre 1909 à Paris 13e, fils de Jean Marti et de Blanche Tribout, son épouse.
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 99, rue Monge dans le 5e arrondissement, près de lastation de métro Censier-Daubenton. Il est marié et père d’une fille, Josette, et d’un garçon, Jean.
Henri Marti est ouvrier plombier de métier, mais travaille comme métallurgiste à l’usine d’aviation Gnome-et-Rhône du boulevard Kellerman (Paris 13e) ; entreprise dans laquelle a également travaillé Maurice Fontès, de Choisy-le-Roi.
Membre du Parti communiste, il participe à la distribution de tracts et de prospectus et assure la protection des vendeurs à la criée de L’Humanité.
Pendant un temps, Henri Marti est concierge au 22, rue Daubenton. À cette occasion, il fait la connaissance de Marie G., également concierge dans ce groupe d’immeubles.
Henri Marti est au chômage au moment de son arrestation.
Membre du Parti communiste, il reste actif dans la clandestinité.
Au début de l’année 1941, son ancienne camarade, Marie G. lui rend visite chez lui. Il lui demande alors de l’aider reprendre une activité militante au sein de sa cellule. Elle le met en contact avec Marius Pougeade, électricien, ex-secrétaire de la cellule du Jardin des Plantes, secrétaire de l’Amicale sportive des Arènes (club affilié à la FSGT), qui lui remettra régulièrement de petites quantités de tracts ronéotypés ( L’Humanité , La Vie Ouvrière ) ; leur petit groupe – alimenté par un dénommé « Albert » – se trouve au bout de la chaîne de diffusion.
Tous les quinze jours, le lundi, entre 20 h 30 et 21 h, Henri Marti participe également à des réunions organisées chez Pougeade, domicilié au 7, rue de la Clef, au cours desquelles les trois militants discutent de leurs moyens de propagande, commentant les articles des nouveaux tracts. Selon Henri Marti, il est aussi « question des événements actuellement en cours en Europe centrale et de la participation éventuelle de l’URSS à ce conflit ».
Début avril 1941, « continuant leur enquête au sujet de la propagande communiste clandestine qui sévit au sein du personnel des HBM » du 5e arrondissement, deux inspecteurs de la brigade spéciale 1 des Renseignements généraux acquièrent « la certitude que [Auguste B., peintre en bâtiment, ex-membre de la cellule du Jardin des Plantes] , anciennement employé des HBM, [continue] à entretenir des relations avec des militants de ce service et [participe] activement à cette propagande par la distribution de tracts et par apposition d’affichettes portant les slogans communistes ». Le 5 avril, après l’avoir mis sous surveillance, ils l’arrêtent à son domicile, au 12, rue Saint-Hilaire, où son épouse, Jeanne, est concierge. Avant qu’une perquisition soit engagée, Auguste B. leur remet « spontanément » plusieurs imprimés clandestins : quatre exemplaires de L’Humanité datée du 22 février 1941, six exemplaires de La Vie Ouvrière du 6 février, deux autres datés du 8 février et une affichette intitulée « Vive Thorez ». Au cours de leurs interrogatoires respectifs, Auguste et Jeanne B., mettent rapidement en cause Marie G. comme étant la personne qui vient leur porter ce matériel de propagande qu’ils prétendent ne pas distribuer. La concierge du 22, rue Daubenton est aussitôt arrêtée. Dès son premier interrogatoire dans les locaux de la BS 1, Maria G. admet sa propre activité clandestine et livre des indications permettant aux inspecteurs de découvrir l’identité de son chef de groupe.
En soirée, Charles G., qui connaît au moins partiellement l’engagement de son épouse, va successivement prévenir Marius Pougeade et Henri Marti – vers 19 h – de l’arrestation de celle-ci, en leur préconisant de se méfier. Pougeade ne rentre chez lui qu’à une heure avancée de la nuit, mais cela ne fait que retarder son arrestation.
Le 6 avril 1941, Henri Marti est appréhendé à son domicile. La perquisition effectuée ne donne rien, les paquets de tracts étant cachés sous le matelas du berceau de sa petite fille, Josette. Henri Marti, Marius Pougeade et Jeanne B. sont à leur tour conduits dans les locaux de la BS 1 pour interrogatoire. Dans un premier temps, Henri Marti nie toute reprise d’activité militante. Mais – directement confronté à Marie G. qui continue à le mettre en cause -, il admet sa participation au groupe, tout en déclarant ne pas avoir distribué les tracts qui lui ont été remis. Alors qu’il n’existe comme preuve matérielle que les treize documents trouvés chez le couple B., les six prévenus sont inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939 ; Jeanne B. et Charles G. pour complicité. Mis « à la disposition de Monsieur le Procureur de la République », ils sont conduits au dépôt de la préfecture de police (la Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité). Dès le lendemain, Henri Marti est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).