Il est ouvrier imprimeur à l’Établissement Desfossés, à Issy-les-Moulineaux [2] (Hauts-de-Seine – 92), où il travaille avec le jeune Louis Faure – 20 ans (de Paris 15e ?).
« Réformé définitif pour tumeur au genou », Henri André n’est pas mobilisé entre septembre 1939 et juin 1940.
Sous l’occupation, il transmet à Louis Faure des tracts du Parti communiste clandestin.
Fin janvier 1941, des policiers du commissariat de la Porte Saint-Martin (?) effectuent une perquisition au domicile de Louis Faure, soupçonné de vol de feuilles d’alimentation (tickets de rationnement) chez leur employeur. Ils y découvrent un vingtaine de tracts : des exemplaires de L’Humanité n° 85 et de La Voix de Paris . Louis Faure déclare les avoir reçu de son camarade d’atelier.
Le 25 janvier, au cours de la perquisition opérée au domicile d’Henri André, les policiers découvrent un trentaine d’exemplaires de mêmes tracts. Interrogé, celui-ci déclare les avoir reçu au métro Vavin d’un nommé « Pierre », dont il ignore où il travaille et où il habite. Les lettres et carnets trouvés ne contiennent pas d’informations permettant aux policiers de remonter la filière.
Inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939 – en plus du chef de vol de feuilles de tickets -, les deux hommes sont conduits le jour même au Dépôt. Plus tard, Henri André est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e), puis, le 7 avril, à celle de Fresnes [2] (Val-de-Marne – 94).
Henri André subit sans doute le même parcours judiciaire que Louis Faure, qui comparaît le 17 mars devant la 12e Chambre du tribunal de police correctionnelle de la Seine, puis, le 26 mai, devant la 10e chambre de la Cour d’appel de Paris. À cette date, André Henri est condamné à un an d’emprisonnement.
Le 25 octobre 1941, à l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré : le préfet de police signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.
Le 10 novembre 1941, Henri André fait partie d’un groupe de 58 internés – dont L. Faure – conduits au “centre de séjour surveillé” (CCS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne – 86).
Le 18 mars 1942, il est parmi les treize “jeunes” communistes – dont L. Faure – « extraits (…) par les autorités allemandes et transférés, pour des raisons qui n’ont pas été indiquées » camp allemand de Royallieu à Compiègne [5] (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; tous sont de futurs “45000” sauf André Giraudon, de Bourges, fusillé au Mont-Valérien le 9 mai 1942.Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
