Henriette SCHMIDT

Matricule 31699
decede
Portrait documenté de Henriette SCHMIDT
Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Convoi 31000

Au fort de Romainville, en détention allemande. Droits réservés.

Après l’école communale à Essert, Henriette suit le cours complémentaire de Belfort jusqu’au brevet élémentaire, puis entre à la recette municipale comme employée.

Secrétaire des Jeunesses communistes de la région de Belfort, elle est une militante très active pendant les grèves de Belfort de janvier 1930.

Le 26 novembre 1932, à Essert, elle se marie à Lucien Carré, fils d’un facteur de Belfort, « militant actif et vérifié » par la commission des cadres.

En 1932, à vingt ans, elle vient à Paris. Sans doute la direction des Jeunesses communistes a-t-elle vu en elle l’étoffe d’un dirigeant, puisque elle est désignée pour un stage de deux ans (1935-1936) dans l’École léniniste internationale (ELI), à Moscou, où sont formés des cadres militants. Sous le pseudonyme de Pauline, elle est bien notée : « académique : bon : politique : bon ; social : très bon : liaison masse : bonne. ; qualités particulières : rédaction ; organisation ».

À Moscou ; Henriette rencontre André Heussler, né le 14 décembre 1909 à Paris, ouvrier ébéniste, militant de métier qui est là pour un deuxième cycle de formation. Elle l’aime à la passion et divorcera pour l’épouser.

À son retour, en 1936, elle est élue au comité central des JC lors de leur 8e congrès et à la direction nationale de l’Union des Jeunes filles de France (UJFF) à l’issue de son 1er congrès qui se tient le 26 décembre 1936. Désignée comme administratrice des Jeunes filles de France, elle est élue secrétaire nationale en mai 1939.

Combattant volontaire en faveur de l’Espagne républicaine, André Heussler obtient la confiance d’André Marty qui le nomme commissaire politique de la 14e Brigade internationale du 2 décembre 1936 au 7 mars 1937 (seul français désigné à un tel poste de responsabilité). Au 9e congrès du PC qui se tient à d’Arles du 25 au 29 décembre, André Heussler est élu membre suppléant du comité central.

Le 25 août 1939 à Ivry-sur-Seine [1], Henriette se marie avec André Heussler, qui habite alors au 80, rue Denis-Papin. Elle garde toutefois son nom de jeune fille à l’Union des jeunes filles de France.

En septembre 1939, le parti communiste est interdit.

La Résistance

Les dirigeants, les cadres et bon nombre de militants continuent de faire vivre leur idéal dans l’ombre. Henriette travaille avec Arthur Dallidet (comme “Betty” Madeleine Jégouzo) à qui incombent les tâches administratives dans le parti communiste illégal. Sous la fausse identité de Pauline Courtot, elle est plus particulièrement chargée de mettre en place les premières « planques » techniques et de remettre dans le mouvement les camarades qui ont perdu contact pour quelque raison (retour de captivité, démobilisation, ou évasion). Quand, après son évasion de Châteaubriant le 18 juin 1941, Fernand Grenier revient dans la région parisienne, c’est Henriette qui lui trouve gîte et ravitaillement, papiers d’identité, documentation, et qui lui transmet les consignes.