Henriette Cailliot naît le 22 octobre 1906 à Vitry-sur-Seine, dans une famille nombreuse de maraîchers. Elle épouse Léon Mauvais, tourneur, syndicaliste et militant communiste, devenu en 1935 conseiller municipal du quartier de Plaisance à Paris. Le couple a deux filles. La vie familiale est étroitement liée aux engagements politiques et ouvriers des deux époux.
Arrêté à l’automne 1939, Léon est interné successivement dans plusieurs prisons et camps. Il s’évade de Châteaubriant en juin 1941 et rejoint la direction clandestine du Parti communiste en zone sud. Henriette tente de franchir la ligne de démarcation pour le retrouver. Prise sous une fausse identité, elle passe environ un mois en prison à Nevers avant de revenir à Paris.
Le 3 mars 1942, elle est arrêtée dans le quartier de Charonne, où elle vient voir ses enfants. Elle est écrouée au Dépôt, puis conduite le 23 mars au quartier allemand de la Santé et maintenue au secret. Le 24 août, elle est transférée avec d’autres détenues au fort de Romainville, sous le matricule 675.
Henriette quitte Compiègne le 24 janvier 1943 avec le convoi des 230 femmes. À Auschwitz, elle reçoit le matricule 31674. Elle subit Birkenau, la quarantaine, le Block 26 et les kommandos, avant de connaître des conditions un peu moins meurtrières dans un groupe de travail. Son portrait d’immatriculation du 3 février 1943 a été conservé.
Le 2 août 1944, elle est transférée à Ravensbrück avec trente-quatre compagnes, puis à Mauthausen en mars 1945. Le voyage et le travail forcé à la gare d’Amstetten, sous les bombardements, épuisent les détenues. Malgré la faim et les violences, Henriette reste intégrée au groupe solidaire des « 31000 » qui s’efforce de protéger les plus faibles.
Le 22 avril 1945, la Croix-Rouge internationale prend en charge trente Françaises et les achemine vers Saint-Gall, en Suisse. Henriette regagne Paris par train le 30 avril, veille du 1er Mai. Son retour clôt plus de trois années d’arrestation et de déportation, mais ouvre un temps de reconstruction auprès de ses filles et de Léon, lui aussi clandestin.
Après la guerre, elle reprend une vie publique marquée par la mémoire de la déportation et ses engagements. Henriette Mauvais meurt le 13 janvier 1970 d’une embolie cérébrale. Son parcours relie le militantisme familial, la répression des proches de responsables clandestins et la survie rendue possible par une solidarité collective constamment renouvelée dans les camps.