Adrien, Louis, Jean, Baptiste, Bécue naît le 5 juin 1911 à Bertry (Nord), fils d’Adrien, Albert, Bécue, 28 ans, frappeur, domicilié à Épernay (Marne) et d’Adèle Delhaye, 24 ans, son épouse, provisoirement domiciliés chez les parents de celle-ci, rue de Logilièce (?).
Il est chaudronnier.
Le 31 décembre 1932, à Bertry, il se marie avec Julienne Raulin. Ils auront un fils, Claude, né en 1934 dans le Nord.
En 1936 et jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 8, avenue Alexandre-Maistrasse à Suresnes [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92) ; Adrien Bécue est alors tôlier chez Laffly à Asnières (92).
Militant actif de la section de Suresnes de la Région Paris-Est du Parti communiste, selon la police, il est également secrétaire de L’Étoile sportive suresnoise.
Durant les « hostilités », il est “affecté spécial” au titre des Établissement Aivaz, sise au 11, rue Jules-Ferry, à Suresnes, usine spécialisée dans les pièces aéronautiques : radiateurs, pompes à carburant, tôlerie. Au début de l’Occupation, il est sans travail.
Il est inconnu des Renseignements généraux de la préfecture de police avant son arrestation.
Le matin du 25 août 1940, vers 10 h 30, au marché de la cité-jardin de Suresnes, un militant diffuse des tracts du parti communiste clandestin avec l’ Appel au peuple de France et des exemplaires ronéotypés de L’Humanité n° 68 datée du 9 août. Deux inspecteurs du commissariat de la circonscription de Pureaux, placés en surveillance, tentent de l’appréhender, mais un attroupement d’une cinquantaine d’individus se forme et une bousculade s’ensuit au cours de laquelle le distributeur parvient à s’enfuir et l’un des inspecteurs est légèrement blessé au visage. Les « agresseurs » se dispersent ensuite dans la foule, assez dense à cette heure, et aucune arrestation ne peut être opérée sur le moment. Les autorité allemandes sont avisées et un officier de la Geheime Feldpolizei se présente au commissariat de Puteaux pour collaborer avec la police municipale. Vers midi, une ronde est effectuée et deux individus convaincus d’avoir pris part à la bagarre sont arrêtés dans un café de la cité-jardin et mis à la disposition du commissariat de police : René Q., 27 ans, de Suresnes, et Adrien Bécue (Gabriel Jules C., 31 ans, ouvrier chaudronnier de Suresnes, reconnu par l’inspecteur blessé, est activement recherché…). Bécue a dans sa poche un exemplaire de l’ Appel au peuple de France . Cependant, cette arrestation n’a pas de suite judiciaire (il n’est pas inculpé par le Parquet de la Seine).
Une autre arrestation semble avoir eu lieu le 6 septembre suivant. Le 10 octobre, il est remis aux Allemands. Libéré au bout de six semaines, il est placé sous surveillance.
Le 24 octobre 1941, une perquisition infructueuse est effectuée à son domicile par les services du commissariat de Puteaux.
Le 26 ou 27 avril 1942, Adrien Bécue est de nouveau arrêté, à son domicile ; probablement lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.