Eugène, Albert , Maurice, Beugnet naît le 15 novembre 1902 à Béthune (Pas-de-Calais), chez ses parents, Alfred Beugnet, 31 ans, typographe, et Joséphine Delahayes, son épouse, 32 ans, domiciliés rue de Lille.
Le 2 juillet 1924, il est embauché par la Compagnie du Nord qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1].
Le 10 octobre 1925 à Drancy [2] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93), Albert Beugnet épouse Marie Lagniez, née le 23 janvier 1902. Ils ont un fils Albert, né le 6 janvier 1923.
Au moment de son arrestation, Albert Beugnet est domicilié au 63, rue du général-Lambert à Drancy (après la guerre, son épouse vivra au 20, place Aristide-Briand).
Il est alors chef de train à la gare du Bourget-triage, sur le réseau de la région Nord, comme Henri Gateau, de Drancy.
La gare Le Bourget-Drancy. Carte postale oblitérée en 1945. Collection Mémoire Vive.
Carte syndicale CGT, Fédération des chemins de fer. Collection Mémoire Vive.
Le 1er octobre 1940, le commissaire de police de la circonscription de Pantin le signale comme membre de l’ex-parti communiste, « continuant, malgré la dissolution de ce parti, à se livrer à une intense propagande clandestine ».
Le 5 octobre, Albert Beugnet est arrêté par la police française, en même temps que Henri Gateau qui travaille au même endroit, lors de la grande vague d’arrestations organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain contre des hommes connus avant guerre pour être des responsables communistes (élus, cadres du PC et de la CGT), en application du décret du 18 novembre 1939 ; action menée avec l’accord de l’occupant. Selon Notre Métier du 29-11-46, Albert Beugnet passe par Drancy (le camp ou un commissariat ?). Après avoir été regroupés en différents lieux, 182 militants de la Seine sont conduits le jour-même en internement administratif au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé à cette occasion dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt. Conçus à l’origine pour 150 malades, les locaux sont rapidement surpeuplés : en décembre 1940, on compte 524 présents, 600 en janvier 1941, et jusqu’à 667 au début de juin.
Le sanatorium de la Bucaille à Aincourt dans les années 1930. Le centre de séjour surveillé a été installé dans la longue bâtisse située au premier plan à gauche. Afin de pouvoir y entasser les détenus, il a fallu y transporter le mobilier des autres bâtiments. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Le 6 septembre 1941, Albert Beugnet fait partie des 150 détenus d’Aincourt (dont 106 de la Seine) transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne), pour l’ouverture de celui-ci.
Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”, vu du haut d’un mirador. Date inconnue. Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village. Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), Fonds Amicale Voves-Rouillé-
