Albert BONVALET

Matricule 45274
decede
Portrait de Albert BONVALET
Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Albert, Jules, Désiré, Bonvalet naît le 25 janvier 1893 à Fleury (Aisne – 02), fils d’Achille Bonvalet, 32 ans 1/2, manouvrier, et de Constance Duclos, son épouse, 30 ans.

Albert Bonvalet a une formation de maçon.

De la classe 1913, il devance l’appel et s’engage volontairement pour trois ans en 1911, seulement âgé de 18 ans. Le 22 décembre, il est incorporé au 25e régiment de Dragons. Le 24 janvier 1913, il se rengage pour deux ans au 2e régiment d’Infanterie coloniale. Est-ce alors qu’il se fait tatouer le papillon visible sur sa gorge, ainsi qu’un grand bateau dans le dos, ce qui lui vaudra d’être surnommé « le tatoué » ou « Pinder » ?

D’un caractère vif et emporté, ayant le coup de poing facile, Albert Bonvalet est dirigé le 27 avril 1914 sur les sections spéciales d’Oléron suite à des plusieurs actes d’indiscipline. En août, il passe devant le Conseil de guerre pour « bris de clôture ». En 1916, il serait de nouveau condamné par un Conseil de guerre, siégeant au château d’Ofluont (? – Septmont) dans l’Aisne, qui le condamne à 10 ans de travaux public pour « voies de fait envers un supérieur ».

Par la suite, il manifeste une brillante conduite de combattant, étant cité à l’ordre de sa division le 20 mai 1917 : « Fait preuve en toutes circonstances d’un calme et d’un sang-froid remarquable. Volontaire pour toutes les missions périlleuses, s’impose à tous par sa belle conduite au feu. S’est distingué en particulier pendant la préparation de l’attaque du 20 mai, pendant le transport des pièces et des munitions de 75 T dans l’un des secteurs les plus battus ». Il est décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent. Intoxiqué par les gaz de combat une première fois le 10 décembre 1917, il est évacué pour intoxication due à un obus d’ypérite le 13 août 1918.

Le 19 février 1918 à Villeparisis (Seine-et-Marne), Albert Bonvalet se marie avec Renée (Adolphine ?) Dupay. Mais son épouse décède rapidement.

Le 8 novembre 1919 à Villeparisis, il épouse en secondes noces Rose Bœuf, née le 19 février 1899 dans cette commune. Ils auront un fils, Marc, né le 2 juillet 1920, toujours à Villeparisis (celui-ci sera marié et lui-même père d’un enfant au moment de l’arrestation de son père).

Adhérent au Parti communiste dès sa création, en 1920, Albert Bonvalet y milite « fougueusement » et fait une active campagne pour Marcel Lecomte, candidat aux élections municipales de 1919 et de 1921 à Villeparisis.

Mais il quitte l’organisation dès 1927 pour désaccord sur la doctrine et semble cesser ensuite toute activité politique.

En 1938, « sa demande d’emploi à la poudrerie de Sevran » lui est « néanmoins refusée pour ses idées extrémistes ».

Le 30 novembre 1939, après la déclaration de guerre, Albert Bonvalet, classé « sans affectation », est employé à la poudrerie nationale de Sevran-Livry comme plâtrier pour la Société nouvelle de construction et de travaux, dont le siège est à Paris. Il semble que, par la suite, l’administration militaire le considère comme « indésirable ».

Au retour de l’exode, il remet son fusil de chasse au commissariat, suivant les consignes de l’armée d’occupation.