Albert, Lucien, Adolphe, Champin naît le 8 avril 1904 à Limésy (Seine / Seine-Maritime [1] – 76), fils de Joseph Champin, 38 ans, domestique chez Joseph Nos, 63 ans, propriétaire habitant le village, et de Jeanne Verdure, 26 ans, native de Limésy, couturière. Il a deux frères, Joseph, né le 1er novembre 1902, et Georges, né en 1909, tous deux à Limésy.
En 1921, la famille semble voir quitté provisoirement la commune.
En 1926, la famille est de nouveau installée à Limésy, au lieu-dit Becquigny. Le père travaille comme journalier chez différents patrons. Les trois fils sont ouvriers d’usine chez “Maillard”, à Pavilly (76) ; usine de la Société Normande de Fonderie et Constructions Mécaniques de Pavilly. Les parents hébergent également un beau-frère, Jean-Baptiste Verdure, 44 ans, qui travaille aussi comme journalier.
En 1936, Joseph Champin, le frère aîné, habite seul au hameau de Rougemont (n° 6 ?) à Pavilly avec ses trois fils : Jean, né en 1930 à Pavilly, René et Georges. Il est terrassier aux Ponts et Chaussées.
Cette même année, les parents Champin habitent toujours à Becquigny. Le père est devenu “patron herbager”. Lors du recensement, le couple héberge les deux plus jeunes fils de Joseph : René, né en 1934, et Georges, né en 1935, et toujours Jean-Baptiste Verdure.
Au moment de son arrestation, Albert Champin est de nouveau domicilié à Limésy.
Il est ouvrier d’usine.
Le 4 août 1941, répondant à une note du préfet de Seine-Inférieure datée du 22 juillet, le commissaire principal de police spéciale de Rouen transmet à celui-ci une liste nominative de 159 militants et militantes communistes de son secteur dont il préconise de prononcer l’internement administratif dans un camp de séjour surveillé, tous anciens dirigeants ou militants convaincus ayant fait une propagande active et soupçonnés de poursuivre leur activité clandestinement et « par tous les moyens ». Parmi eux, Albert Champin…
Dans la nuit du 21 au 22 octobre, Albert Champin est arrêté à son domicile sur ordre des autorités d’occupation. Il est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [2] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
D’après une signature portée sur un menu du repas de Noël 1941, Albert Champin serait alors assigné au bâtiment A2, chambre 8, avec Jean Binard, Michel Bouchard, Honoré Brieu, Émile Fromentin, Marcel Le Dret et Julien Villette.
Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, Albert Champin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.