Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. Tribunal correctionnel, un des porches du 1er étage. (montage photographique)
Le 8 février 1941, lors d’une audience au cours de laquelle sont jugés 48 militants et militantes communistes (dit « procès des cinquante »), dont dix-sept futurs “45000”, la chambre des mineurs (15e) du tribunal correctionnel de la Seine condamne Albert Rossé à six mois d’emprisonnement. Comme les autres condamnés, il fait appel de la sentence le 28 février (par l’intermédiaire de leurs avocats ?). Bien que sa peine soit couverte par la détention préventive effectuée, il n’est pas libéré : dès le lendemain, – sur instruction des Renseignements généraux qui le considèrent comme un « meneur actif » – le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.
Le 27 février suivant, il fait partie d’un groupe de 48 internés administratifs – dont Guy Môquet, Maurice Ténine et seize futurs “45000” – transférés à la Maison centrale de Clairvaux (Aube – 10) où ils en rejoignent d’autres : 187 détenus politiques s’y trouvent alors rassemblés.
Clairvaux. La Maison centrale. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Le 31 mars, avec Eugène Omphalius, Robert Massiquat, Francis Née et Thomas Sanchez, Albert Rossé est un des six internés de Clairvaux conduits à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e), en préalable à leur passage devant la Cour d’appel de Paris.
Le 9 avril, celle-ci examine la situation de cinquante condamnés pour activité communiste. Elle confirme le jugement de première instance concernant Albert Rossé : il est prévu qu’il soit ramené à Clairvaux, mais le quartier de la centrale utilisé comme centre d’internement étant déclaré « complet » par le directeur de celle-ci, il reste interné à la Santé, 3e division, cellule 9 bis. Comme Eugène Omphalius, il est probablement ramené à Clairvaux au cours de l’été.
Le 25 septembre 1941, Albert Rossé fait partie d’un groupe d’internés transférés au “centre d’internement administratif” (CIA) de Gaillon (Eure – 27), un château Renaissance isolé sur un promontoire surplombant la Seine et transformé en centre de détention au 19e siècle.
Le camp de Gaillon, ancien château de l’évêque de Rouen. Carte postale d’après-guerre. Collection Mémoire Vive.
Selon une note de la police (RG ?) datée du 18 février 1942, il figure sur une liste de 43 « militants particulièrement convaincus, susceptibles de jouer un rôle important dans l’éventualité d’un mouvement insurrectionnel et pour lesquels le Parti semble décidé à tout mettre en œuvre afin de faciliter leur évasion », et qui sont pour la plupart internés au camp de Gaillon.
Le 14 avril 1942, le préfet de police de Paris « fait savoir » au préfet de l’Eure, en charge du camp de Gaillon, « que les autorités allemandes viennent d’interdire le transfert dans un autre camp ou prison, sans leur autorisation expresse » d’Albert Rossé.
Désigné ou condamné par la Feldkommandantur 517 de Rouen, Albert Rossé est pris en charge par la Feldgendarmerie de la Felkommandantur 801 qui le conduit à Évreux (Eure) le 7 mai. Le lendemain, il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
