Alexandre VAROTEAUX

Matricule 46177
decede
Photographie de Alexandre VAROTEAUX
TransportAquarelle
Convoi 45000

Alexandre, Louis, Varoteaux naît le 7 mars 1905 à Cuirieux (Aisne), fils de Louis Varoteaux, domestique de culture, et de Marie Collier, 27 ans, son épouse.

Il a un frère, Moïse Pierre Varoteaux, né le 18 novembre 1910 à Cuirieux, qui deviendra boucher à Paris, habitant au 8 rue Saint-Honoré (Paris).

En 1927, Alexandre Varoteaux, domicilié au 54 cours de Vincennes (Paris 12e), est « employé du Métropolitain ».

Le 10 septembre 1927 à Clamart (Seine / Hauts-de-Seine), âgé de 22 ans, il se marie avec Fernande Marcelle Proust, 21 ans, née le 24 août 1906 à Marboué (Eure-et-Loir), femme de chambre, habitant jusque-là chez ses parents au 116 rue Marie Fichet à Clamart. Ils auront huit enfants, nés entre 1928 et le… 9 mai 1942.

Lors de la période de Front populaire, Alexandre Varoteaux se montre « un militant actif » du Parti communiste, selon la police, ne cachant pas ses « opinions révolutionnaires ».

Le 30 octobre 1936, il est employé du métro à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP – ancêtre de la RATP), chef surveillant à la station “Gambetta”, dont une des sorties débouche sur le trottoir entre l’avenue du Père Lachaise, conduisant à l’entrée haute du cimetière, et la rue des Pyrénées, face à la mairie du 20e arrondissement.

La place Gambetta après guerre. Une des bouches de la station de métro s’ouvre sur le trottoir dont on aperçoit l’arrondit au sol à droite. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Du début novembre 1936 jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée dans un immeuble d’habitations à bon marché (HBM) de la Ville de Paris au 102, boulevard Davout à Paris 20e, entre la rue Blanchart (aujourd’hui fermée à la circulation) et la rue Harpigny, occupant un logement de trois pièces avec cuisine.

Il n’est pas mobilisé à l’automne 1939, « en raison de sa situation de famille ».

En octobre 1941, la police française ne lui connaît aucune activité politique, mais remarque qu’il fréquente assidûment le café Sutter, situé 119 boulevard Davout, « qui serait signalé comme un centre communiste clandestin ». Le 24 octobre, une perquisition à son domicile n’amène la découverte d’aucun document « subversif ».

Le 28 avril 1942, Alexandre Varoteaux est appréhendé sur son lieu de travail – à la station de métro Gambetta – lors d’une vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine, avec le concours de la police française, et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les deux inspecteurs s’étant présentés à son domicile – d’où il était déjà parti pour aller travailler – effectuent une perquisition infructueuse avant de partir à sa recherche. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Alexandre Varoteaux y est enregistré sous le matricule n° 1232.

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, alignés transversalement, les six grands bâtiments du quartier C. Isolés par une clôture de barbelés, ils ont constitué le “camp juif” du 13 décembre 1941 au 6 juillet 1942. Ensuite, ils ont servi au regroupement des détenus pour le prochain convoi en partance. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas). Carte postale. Coll. Mémoire Vive.