Alphonse Benoit naît le 30 novembre 1888 à Tourcoing (Nord – 59), fils de Henri Benoît, 27 ans, fileur (?), et de Célina Aelgvet, 26 ans, son épouse.
Le 8 octobre 1909, il est incorporé comme soldat de 2e classe au 43e régiment d’infanterie – stationné à Lille (59) – pour accomplir son service militaire. Le 24 septembre 1911, il est « envoyé dans la disponibilité », titulaire d’un certificat de bonne conduite.
Pendant un temps, il demeure au 106, rue Achille-Testelin à Tourcoing et travaille comme rattacheur.
Répondant au décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il rejoint deux jours plus tard le 9e bataillon de chasseurs à pied, sa nouvelle unité.
Le 30 janvier 1915, il est nommé soldat de 1ère classe.
Le 15 juin suivant, il est cité à l’ordre du bataillon, « belle conduite au feu », puis de nouveau le 1er juillet, « agent de liaison depuis le début de la campagne, d’une conscience et d’un courage éprouvés, s’est dépensé sans compter dans l’exécution de ses missions malgré le bombardement et le feu des mitrailleuses ». Le 30 novembre 1915, il est cité à l’ordre de sa brigade : « A donné maintes fois à ses camarades l’exemple de la bravoure et du courage en assurant des liaisons particulièrement dangereuses et pénibles. S’est offert notamment le 20 novembre 1916 pour aller à la recherche d’un sous-officier blessé, étranger au corps, dans un terrain extrêmement difficile et sous un bombardement des plus violents ». Le 3 juin 1917, il est cité à l’ordre de la division : « Chasseur merveilleux de courage et d’énergie. A fait du 8 au 17 mai les liaisons les plus dangereuses ; le 16 mai, en particulier, s’est porté en avant des premières lignes et en a rapporté des renseignements très précieux ». Le 6 avril 1918, il est cité à l’ordre du 10e groupe : « Agent de liaison des plus braves ; modèle de courage et de dévouement. A toujours brillamment rempli les missions les plus périlleuses. A assuré les 27 et 30 mars une liaison particulièrement dangereuse ». Le 25 août, il est de nouveau cité à l’ordre de la division : « D’un courage à toute épreuve ; a assuré, à différentes reprises, au cours d’une attaque, la liaison avec un corps voisin en franchissant une passerelle constamment battue par l’artillerie et un feu nourri de mitrailleuse s ». Il est décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire, avec six citations. Un jour, il accompagne « seul, Monsieur Clémenceau de Verdun au Fort de Douaumont ».
Le 26 janvier 1919, Alphonse Benoit entre comme employé à la Compagnie des chemins de fer du Nord ; il est affecté à La Chapelle (?).
Le 11 septembre 1919 à Gagny [2] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93), il épouse Marie Acker, née le 29 janvier 1899 à Reichstett (Basse-Alsace / Bas-Rhin) ; aucun parent n’est présent au mariage. Ils habitent alors tous deux au 1, avenue de la République. Ils auront deux enfants : Henriette, née le 13 septembre 1927, et Colette, née le 6 mars 1934.
Militant du Parti communiste, Alphonse Benoit est secrétaire du sous-rayon communiste de Gagny en 1923.
Candidat aux élections municipales de 1925 et 1929 à Gagny, il obtient à chaque fois 25 % des suffrages exprimés.
En 1935, Alphonse Benoit est élu sur la liste du Parti communiste dirigée par Émile Cossonneau, qui l’emporte au deuxième tour après fusion avec celle des socialistes et radicaux. Alphonse Benoit est élu premier adjoint au maire. Selon la police, il « [administre] pratiquement la ville ».
Gagny. La Mairie. Carte postale non datée. Coll. Mémoire Vive.