Alphonse, Jules, Auguste, Braud naît le 24 mars 1908 à Mareuil-sur-Lay (Vendée), fils de Monsieur Braud et de Marguerite Phelippeau, née en 1880 à Chantenay (commune annexée à Nantes en 1908), son épouse.
En 1929, Alphonse Braud est domicilié chez sa mère, veuve, au 81, rue d’Allonville à Nantes (Loire-Atlantique [1] – 44) alors qu’il est étudiant et elle ouvrière (cigarière) à la Manufacture des Tabacs de Nantes ; l’usine est proche de leur domicile. En 1931, ils vivent encore à cette adresse.
À une date restant à préciser, Alphonse Braud emménage au 28, boulevard de l’Égalité. En 1934, il est domicilié à Saint-Sébastien-sur-Loire, mais revient à Nantes l’année suivante.
Au moment de son arrestation, il est habiteavec sa mère au 21, rue du général Travot, dans le quartier de Chantenay, où il est instituteur laïque. Membre du Parti communiste, il milite également au Mouvement antifasciste “Paix et Liberté” dans les années précédant la guerre.
Pendant la guerre, il poursuit ses activités, jouant un rôle actif au niveau de la propagande, à Chantenay, avec André et Marguerite Lermite, eux aussi instituteurs, l’un à Chantenay, l’autre à Bouaye.
Le 23 juin 1941, Alphonse Braud est arrêté à Nantes par la police allemande [2]. Il figure en quinzième place sur une liste de trente « Funktionaere » (“permanents” ou “cadres”) communistes établie par la police allemande. Avec une vingtaine d’hommes arrêtés dans l’agglomération de Nantes, il est conduit au « camp du Champ de Mars » (s’agit-il de la salle des fêtes, également dénommée « Palais du Champ de Mars » ? à vérifier…).
Le 12 juillet, Alphonse Braud est parmi les vingt-quatre communistes (dont les dix futurs “45000” de Loire-Atlantique) transférés avec sept Russes (juifs) au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Dans le cadre de l’organisation des détenus et aux côtés notamment d’André Lermite, Alphonse Braud donne des cours de « Français moyen » (sic), les mardi et vendredi matin.
Emploi du temps des cours donnés par l’organisation des détenus, noté par Angel Martin le 16 mars 1942. Collection José Martin, son frère. Droits réservés.
Entre fin avril et fin juin 1942, Alphonse Braud est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.