André, Louis, Bondu naît le 26 juillet 1900 à Mustapha (Algérie), au 16, rue Flatters, chez ses parents, Henri Bondu, 37 ans, né à Mustapha, ajusteur, et Antoinette Canizarès, son épouse, 25 ans ; tous deux décédés au moment de son arrestation.
Le 14 avril 1929 à Paris 17e, il se marie avec à Louise Coudène, née le 18 novembre 1898 à Fabros (Ardèche). Ils auront trois enfants : Jean, né le 7 avril 1932, Claude, né le 20 mars 1934, et André, né le 18 septembre 1936.
Du 15 octobre 1936 jusqu’à son arrestation, André Bondu est domicilié au 72, boulevard Jeanne-d’Arc à Montreuil-sous-Bois [1] (Seine / Seine-Saint-Denis), après avoir habité au n° 64 de la même voie.
André Bondu est monteur électricien mécanicien. Du 12 juin 1929 au 2 juin 1937, il travaille à la Compagnie Électro-Mécanique, 12, avenue Portalis, à Paris 8e. Du 17 mars au 22 août 1939, il occupe le même emploi au Établissements Ripoche, fabrique de fours électriques, 5 rue Perrus, à Paris 14e.
Militant communiste, il – pendant un temps, selon la police – secrétaire de la section locale du Parti communiste, diffuseur de L’Humanité et de La Vie Ouvrière , organe de la CGT.
Il est mobilisé du 3 septembre 1939 au 15 août 1940. Au retour, sans travail, il se fait inscrire au fonds de chômage de sa commune.
Au début de l’occupation, il reprend de l’activité au sein du Parti communiste clandestin.
Selon André Buisson, de Montreuil, André Bondu est membre du Comité populaire local sous le numéro 1247.
Et, selon la police, André Bondu « est l’un des principaux organisateurs de la propagande communiste parmi les chômeurs de Montreuil », ne cherchant pas à dissimuler ses idées extrémistes et n’hésitant pas à se vanter « auprès d’une voisine d’être l’auteur d’inscriptions telles que “Thorez au pouvoir” , “Vive le Parti communiste” » , dont plusieurs ont pu être relevées dans les environs de son domicile, notamment boulevard National et rue des Trois Territoires à Vincennes, ainsi que de l’apposition de tracts et de papillons de même tendance ».
Le 4 octobre 1940, un membre de la Délégation spéciale ayant remplacé la municipalité élue de Montreuil fait savoir – à qui ? – qu’il refuse « de recevoir à l’avenir » André Bondu « parmi les représentants du comité de chômeurs de la localité » au prétexte qu’il le considère comme un militant communiste.
Le 26 octobre suivant, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif en application du décret du 18 novembre 1939 et de la loi du 3 septembre 1940 parmi 38 personnes visées ce jour-là dans le département de la Seine (dont 12 futurs “45000”). Le jour même, André Bondu est interpellé à son domicile par des agents du commissariat de secteur et conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé au début du mois dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt (Camille Watremez, de Pierrefitte, est arrêté et interné le même jour).
Le 24 juin 1941, André Bondu fait partie d’une trentaine de « meneurs indésirables » écroués à la Maison d’arrêt de Rambouillet (Yvelines), à la suite d’ « actes d’indiscipline » collectifs.