Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
André, Augustin, Marcel, Delozien naît le 15 février 1911 à Lens (Pas-de-Calais) chez ses parents, Augustin Delozien, 25 ans, ouvrier mineur, et Cécile Béhal, 20 ans, son épouse, domiciliés au 2, rue Fénelon ; un des deux témoins pour la présentation du nouveau-né à l’état civil est un autre ouvrier mineur…
Rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914, son père rejoint le 3e régiment du génie comme sapeur. Parti en campagne dès le 9 août, il est tué à l’ennemi le 11 août 1916 à Assevilliers (Somme).
Le 25 janvier 1921, André Delozien est adopté par la Nation par jugement du tribunal civil de Pontoise (Seine-et-Oise / Val-d’Oise).
À une date restant à préciser, il épouse Lucienne Potier, née le 5 avril 1913 à Saint-Cyr-en-Pail (Mayenne). Ils ont deux filles : Monique, née vers 1935, et Michèle, née vers 1940. Au moment de son arrestation, André Delozien est domicilié dans un logement au 54, rue de Seine à Paris 6e.
La mémoire familiale rapporte qu’il a le projet de partir pour Londres.
En janvier 1942, d’après son épouse, André Delozien est inquiété par un « inspecteur de police » qui lui donne lecture d’une lettre le dénonçant pour propagande gaulliste, lettre probablement envoyée par sa voisine de palier, d’origine tchécoslovaque, dont le fils est officier dans l’armée allemande ; mais, ultérieurement (en 1946), les archives de la police française ne conserveront pas trace de cette avertissement.
Le 28 avril 1942, André Delozien est arrêté à son domicile par trois soldats allemands et un « policier » français », comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Avec probablement d’autres hommes arrêtés comme lui, André Delozien est d’abord conduit à la prison militaire du Cherche-Midi pour interrogatoire.
Paris. La prison militaire du Cherche-Midi en 1903, située au 54 boulevard Raspail, à l’angle avec la rue du Cherche-Midi. Sous l’Occupation, elle a été totalement réquisitionné par les autorités allemandes. Carte postale, collection Mémoire Vive.
Puis ils sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). André Delozien y est enregistré sous le matricule 3960.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.