André, Émile, Eugène, Huet naît le 9 juillet 1899 à Caen (Calvados – 14), fils de Charles, Eugène, Huet, 32 ans, typographe, et de Aline Deberry, 27 ans, son épouse, domiciliés au 41, rue Basse.
André Huet commence à travailler comme mécanicien.
Alors qu’il était prévu qu’il commence à effectuer son service militaire en 1918, le conseil de révision ajourne son incorporation pour « faiblesse ». Le 4 octobre 1920, il rejoint le 3e régiment du Génie. Le 11 avril 1921, il est nommé caporal. Il est « envoyé dans la disponibilité, en permission libérable », le 24 février 1922.
Le 19 juillet 1926, André Huet est embauché par la Compagnie de chemin de fer de l’État qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1].
Le 5 septembre 1925, au Plessis-Grimault, André Huet épouse Marie Bougeard. En octobre, le couple habite au 7, place Gambetta, à Lisieux (14), et en décembre au 10, rue Tour des halles, dans cette ville.
Le 20 mai 1932, à Caen, André Huet se marie en secondes noces avec Aimée Amélie Félicienne Moisy. Ils auront deux enfants, André, né le 2 mars 1933, et Daniel, né le 30 septembre 1935 (respectivement âgés de 9 et 7 ans en 1942). En septembre 1936, ils demeurent au 153, rue Saint-Jean, à Caen.
Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 39, rue d’Auge à Caen.
André Huet est alors ajusteur à l’arrondissement de Traction de Caen (SNCF), réseau de la région Ouest.
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, il est arrêté par la police française ; il figure comme “communiste” sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [2]. Le 4 mai, remis aux autorités d’occupation, il est au “petit lycée” où sont rassemblés les otages du Calvados. Le soir même, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai en soirée.
Entre fin avril et fin juin 1942, André Huet est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 5 juillet, il écrit à sa mère et à sa femme pour leur annoncer son proche départ pour l’Allemagne.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.