André LIORET

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decede
Photographie de André LIORET
André Lioret © Musée de Lioris — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/09/lioret-andre-fernand-emile/
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En septembre 1940, après les débuts de l’Occupation, un délégué du Parti communiste clandestin, Roger Tellier, 45 ans, venu de la capitale mais ayant une résidence à Nogent-sur-Vernisson, 17 km au sud de Montargis, s’adresse à Eugène Saint-Simon, 58 ans, retraité, ancien secrétaire de la cellule locale, afin de relancer l’activité militante dans le Loiret. Puis Georges Loirat, 34 ans, vient de Paris pour s’installer chez Eugène Saint-Simon.

Saint-Simon organise chez lui une rencontre entre des délégués parisiens et Émile Cousin, 47 ans, préparateur en pharmacie à Montargis, Jean Roy, 18 ans, dirigeant des Jeunesses communistes, René Mazoyer, 40 ans, ancien conseiller général communiste, et René Allaire, 37 ans, représentant de commerce à Montargis, lequel exprime son désaccord. Ensuite, un rendez-vous réunit Émile Cousin et Pierre Rebière (désigné comme « Rivière ») chez René Allaire. En décembre, une petite réunion présidée par Rebière se tient chez Désiré Marcellot, 44 ans, de Montargis, ancien adhérent du groupe des cheminots.

Fin décembre 1940, à l’instigation des délégués parisiens, André Roy organise chez lui, au Gué Perreux, une première réunion de jeunes à laquelle assistent son amie, Josette Thirioux, 16 ans, collégienne de Villemandeur, Pierre Bonnard, 21 ans, mécanicien, « communiste d’avant-guerre », Charles Cousin, 22 ans, fils d’Émile, menuisier, et Paul Chenel, son hôte, alors âgé de 19 ans.

Fin janvier 1941, Pierre Rebière assiste à une autre réunion des JC, tenu chez Robert Marcellot, 22 ans (fils du précédent), à la suite de laquelle sont “recrutés” André Lioret, 22 ans, René Desnous, 16 ans, apprenti maçon, et José Durocher, 16 ans, commis boucher.

Le 5 février, au cours d’une réunion, le groupe de Montargis décide de passer à l’action le lendemain : il se divise en deux secteurs et cinq équipes afin d’apposer des “papillons” portants différents slogans. Pierre Rebière distribue des billets en partie rédigés par Charles Cousin et fabriqués par André Roy, chez lui, en utilisant une imprimerie pour enfant.

Inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 définissant comme délit toute « activité ayant directement ou indirectement pour objet de propager les mots d’ordre émanant ou relevant de la 3e Internationale Communiste ou d’organismes contrôlés en fait par cette 3e Internationale », André Lioret est détenu à la maison d’arrêt de Montargis pendant l’instruction de l’affaire.

Le matin du 12 avril, onze membres du groupe de Pithiviers sont transférés en camion à Orléans sur ordre des autorités d’occupation pour être jugés par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur , parmi lesquels André Lioret, Paul Chenel, André Roy et son amie Josette Thirioux. Ils alors très probablement écroués à la prison militaire du 14, rue Eugène-Vignat, réquisitionnée par l’occupant.

En haut à gauche, à côté de la gendarmerie, la maison d’arrêt. En bas à droite, en face de la caserne d’artillerie, la prison militaire. Ville d’Orléans. Plan général de la commune 1/2000e [en 14 feuilles], 1934, feuille n° 3 (1Fi154-5). Extrait. © Orléans métropole, site internet, archives municipales et communautaires.

Le 12 juin, 22 prévenus hommes et femmes comparaissent en affaire de police correctionnelle devant le tribunal de première instance de Montargis, pour l’apposition sur les murs de Montargis de papillons de propagande communiste le 7 février 1941. André Lioret et Paul Chenel, ainsi que quatre autres jeunes inculpés, sont condamnés à 6 mois de prison avec sursis. Il semble cependant qu’ils n’aient pas été libérés, le procureur de la République interjettant appel afin d’obtenir une peine aggravée pour les militants les plus impliqués…

Le 31 juillet suivant, Paul Chenel et d’André Lioret sont parmi 27 prévenus, hommes et femmes, qui comparaissent devant la Cour d’appel d’Orléans, certains d’entre eux pour la mise en circulation de nouveaux tracts le 9 mars à l’usine de caoutchouc Hutchinson de Châlette-sur-Loing (45), malgré l’enquête déjà ouverte et les arrestations effectuées le 12 février. Le sursis d’André Lioret est alors confirmé. Il n’est cependant pas libéré, mais maintenu en détention sous le statut d’interné administratif, probablement à la Maison d’arrêt d’Orléans.

Le 11 septembre, il est remis aux autorités allemandes à leur demande et interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), où il est enregistré sous le matricule n° 1582.