Angèle Dite Danièle LEDUC

Matricule 31841
survivant
Photographie de Angèle Dite Danièle LEDUC
Photographie à vérifier
Convoi 31000

Angèle, Marie Denonne, dite « Danièle », naît le 28 avril 1891, à Roubaix (Nord), fille de Hilaire Denonne, 29 ans, tisserand de nationalité belge, et de Rebecca Fresco, 37 ans, son épouse, de nationalité hollandaise.

Elle quitte l’école communale de Roubaix à douze ans, travaille ensuite, ainsi que sa sœur cadette, comme bobineuse dans l’usine où leur père est ouvrier, puis elle apprend la couture.

Au cours de la Première Guerre mondiale, Angèle Denonne passe des renseignements en franchissant les lignes allemandes. Dénoncée, elle est arrêtée et conduite pour interrogatoire devant un lieutenant allemand qui lui dit : « Nous savons que vous passez des informations : collaborez ou, sinon, nous allons vous fouillez. » Angèle nie, enlève ses gants et les jette au visage dde l’officier : « Vous ne me croyez pas et bien fouillez-moi ». Ce qui est fait. Mais les Allemands ne trouvent rien, et pour cause : les renseignements sont écrit à l’intérieur des gants.

Le 2 mars 1920, à Paris 11e, Angèle Denonne se marie avec Louis Leduc, né le 2 décembre 1881 à Paris 20e, boucher. Angèle abandonne la couture pour tenir la caisse de la boucherie – une grosse boutique de cinq ou six commis à Paris. Ils n’ont pas d’enfant. À une date restant à préciser, ils prennent en charge la nièce d’Angèle, Nadia Angèle Denone, née le 18 septembre 1917 à Roubaix. Les affaires périclitent ; confiante dans sa perspicacité, “Danièle” Leduc se fait chiromancienne (divination à partir de la forme et des lignes de la main) et reçoit sa clientèle dans leur appartement du 41 boulevard Malesherbes.

En 1942, les Leduc, qui ont quitté Paris à l’exode, habitent place, ou rue, Glais-Bizoin à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord / Côtes-d’Armor).

Une conviction et des actions de Résistance

Danièle Leduc écoute Radio-Londres et ne s’en cache pas, au contraire : elle répand les nouvelles dans le voisinage.

Un prétendu Anglais arrive un soir, demande asile. On l’héberge, on le réconforte, on lui prodigue en encouragement les derniers communiqués de Londres.

L’arrestation par la Gestapo

Le lendemain matin, quand les Leduc se réveillent, l’Anglais a disparu. Louis Leduc va sortir leur chien. À son retour, son épouse n’est plus à la maison : la Gestapo est passée chez eux entre-temps.

Angèle Leduc est détenue quelques jours à la prison pour femmes de Rennes. Le 30 décembre 1942, elle est transférée avec Germaine Pirou au camp allemand du Fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), premier élément d’infrastructure du Frontstalag 122. Enregistrée sous le matricule n° 1350, “Danièle” Leduc y est internée trois semaines [1].

Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne überstellt » : « transférée à Compiègne le 22.1 »). Le lendemain, un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris). À ce jour, aucun témoignage de rescapée du premier transfert n’a été publié concernant les deux nuits et la journée passées à Royallieu, et le récit éponyme de Charlotte Delbo ne commence qu’au jour de la déportation… Mais Betty Jégouzo confirme ce départ en deux convois séparés, partis un jour après l’autre du Fort de Romainville. Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.