Angèle MERCIER

Matricule 31851
decede
Photographie de Angèle MERCIER
Le centre d’animation Solidarité-Angèle Mercier, à Paris 19e, quartier Danube. Photo Mémoire Vive.
Convoi 31000

Angèle, Eugénie, Mercier naît le 24 juin 1909 au lieu dit La Moinerie à Chaumes-en-Brie (Seine-et-Marne – 77), fille d’Alphonse Mercier, 39 ans, et de Désirée Eugénie Racinet, 42 ans, son épouse, domiciliés à Touquin (77), à une dizaine de kilomètres au sud de Coulommiers, mais « en résidence de passage à Chaumes ». Angèle naît « dans la loge de bûcheron » de son père ; elle est le septième enfant de la famille.

Jusqu’à l’âge de treize ans, elle va à l’école à Touquin.

Touquin. La Poste et la mairie dans les années 1920. Carte postale colorisée, collection Mémoire Vive.

Puis elle est placée chez des fruitiers qui vendent sur les marchés de la région (Coulommiers, Provins) : elle est à la fois “bonne à tout faire” et vendeuse.

Ces commerçants se prennent d’amitié pour Angèle et, à la suite du décès de son père, lui confient, à 24 ans, la gérance du petit hôtel Magd’hotel à clientèle ouvrière situé au 3-5 rue de Lunéville dans le 19e arrondissement.

C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Pierre Landrieux, né le 27 octobre 1913 à Paris 14e, souvent surnommé “René”, avec qui elle vit maritalement à partir de 1934. Dès lors, son destin sera intimement lié à celui de son compagnon, lui-même machiniste aux studios cinématographiques des Buttes-Chaumont, responsable CGT et communiste. Angèle, qui a perdu la foi religieuse de son enfance, adhère au Parti communiste en 1937.

Créateur du Comité d’aide à l’Espagne républicaine du 19e, Pierre Landrieux part en Espagne en avril 1938 pour prendre la relève au sein des Brigades internationales. De son côté, Angèle participe activement à organiser la solidarité avec les républicains espagnols.

Blessé par des éclats d’obus à la cheville, Pierre est rapatrié à la fin de 1938. En février 1939, le Parti Communiste lui confie, ainsi qu’à Angèle, le poste de gardien de la Maison des Blessés.

Mobilisé fin 1939 et affecté à Mutzig, Pierre Landrieux est fait prisonnier en juin 1940 et envoyé dans un Stalag de Prusse orientale. Angèle décide de reprendre le flambeau : dès l’automne 1940, elle distribue des tracts contre le gouvernement de Vichy.

En mai 1941, elle entre dans la lutte clandestine au sein de l’Organisation spéciale du Parti communiste en tant que qu’agent de liaison de Georges Vallet (“Raoul”), ancien des brigades internationales et frère d’armes de Pierre Landrieux.

En 1942, Angèle – sous le pseudonyme de “Nicole” – devient agent de liaison de l’état-major des FTP de la région parisienne, aux cotés de Cécile Rol-Tanguy et Cécile Ouzoulias. Elle est en contact avec Jeanne Alexandre, Marie-Louise Colombain, Suzanne Lasne.

Parallèlement, elle projette un mariage par procuration avec Pierre Landrieux, toujours prisonnier en Allemagne : tous les papiers sont réunis…