Maria, Anna, Gries naît le 13 novembre 1898, à Gougenheim, à 20 km au Nord-Ouest de Strasbourg (Bas-Rhin – 67), en Alsace alors occupée par l’Allemagne.
À une date restant à préciser, elle épouse un nommé Sabot.
Son parcours est inconnu. Après son arrestation, elle se déclare domiciliée à Paris 2e, comme Suzanne Meugnot (ou dans le 11e ; à vérifier…).
Le 8 octobre 1942, elle est internée au camp allemand du Fort de Romainville, sur la commune des Lilas [1] (Seine-Saint-Denis – 93), en même temps que Suzanne Meugnot avec qui elle se chamaille. Les rescapées ne se sont pas rappelées d’où elles venaient, laquelle reprochait à l’autre de l’avoir fait arrêter, et pourquoi ?
Anna Sabot y est enregistrée sous le matricule n° 889.
Le 22 janvier 1943, elle est parmi les cent premières femmes otages transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquant « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 22.1 »). Le lendemain, un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris). Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.
Le matin suivant, 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille.
En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL [2] Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le train y stationne toute la nuit. Le lendemain matin, après avoir été descendues et alignées sur un quai de débarquement de la gare de marchandises, elles sont conduites à pied au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent en chantant La Marseillaise .
Anna Sabot y est enregistrée sous le matricule 31713. Se revendiquant de son origine alsacienne, elle obtient qu’on ne lui coupe pas les cheveux : faveur réservée aux Allemandes et aux Volksdeutsch .
Le 3 février, la plupart des “31000” sont amenées à pied, par rangs de cinq, à Auschwitz-I, le camp-souche où se trouve l’administration, pour y être photographiées selon les principes de l’anthropométrie de la police judicaire allemande : vues de trois-quart, de face et de profil (la photo d’immatriculation d’Anna Sabot a été retrouvée, puis identifiée par des rescapées à l’été 1947).
Anna Sabot meurt à Birkenau le 21 février 1943, selon l’acte de décès du camp.
Aucune rescapée ne se souvient des conditions de sa disparition.