Auguste CABARTIER

Matricule 45321
survivant
Photographie de Auguste CABARTIER
Auguste Cabartier © Club Mémoire 52 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/11/cabartier-auguste-marius/
Convoi 45000

Auguste, Marius, Cabartier naît le 9 octobre 1894 à Rachecourt-sur-Marne (Haute-Marne – 52), 19 km au sud-est de Saint-Dizier, chez ses parents, Alexandre Cabartier, 32 ans, forgeron, et Laure Varin, 31 ans, son épouse, domiciliés aux Forges de Rachecourt.

Pendant un temps, Auguste Cabartier travaille comme ouvrier d’usine.

De la classe 1914, il est inscrit au bureau de recrutement de Neufchâteau (Vosges) ; dans un premier temps, son incorporation pour le service militaire est ajournée pour « faiblesse ».

Le 17 décembre 1914, il est mobilisé comme chasseur de 2e classe au 2e bataillon de Chasseurs, arrivant au corps deux jours plus tard. Il part « aux armées » (sur le front) le 2 juin 1915. Cantonné au village d’Ambrines, au nord d’Arras (Pas-de-Calais), le 2e BCP est alors composé de 18 officiers, 1332 hommes et 5 cavaliers.

Tirailleurs en 1914, portant l’uniforme du début de la guerre ; Carte postale. Collection Mémoire Vive.

À partir du 25 septembre suivant, le bataillon est engagé dans l’offensive de Champagne, menée par les IIe et IVe armées. Le 30 septembre, le 2e BCP et le 156e régiment d’infanterie sont lancés à l’assaut de l’ouvrage de la Défaite, un réseau de deux tranchées reliées par plusieurs boyaux, aménagé par l’armée allemande à l’extrémité nord-ouest d’un plateau connu sous le nom de Main de Massiges, au sud des villages de Ripont [1] et Rouvroy (situés de l’autre côté de la ligne de front). Précédées par une intense préparation d’artillerie l’après-midi et la nuit précédente, trois vagues d’assaut successives sont lancées à partir de 4h45, sans aucun signal, baïonnette au canon. Après une première avancée débordant les lignes de l’adversaire, sous le feu de ses mitrailleuses, celui-ci engage une contre-attaque efficace et les poilus rescapés se réfugient en soirée dans leurs tranchées de départ. Au soir de la bataille, 631 hommes de troupe sont comptabilisés hors de combat : « Au total, le bataillon ne comptait plus que 250 à 300 fusils environ », les unités étant « privées des 2/3 de leurs officiers et de presque tous les chefs de section ». Auguste Cabartier est porté disparu, « présumé grièvement blessé ».

Le 20 septembre 1916, le maire de son domicile signale qu’il est en fait tombé aux mains de l’ennemi, écrivant à sa famille depuis un Stalag de Ratisbonne, en Bavière (baraque VII, compagnie 2). Auguste Cabartier est rapatrié le 24 décembre 1918. Il est affecté au 10e bataillon de chasseurs à pied le 27 janvier 1919. Le 9 septembre suivant, il est envoyé en congé illimité de démobilisation et se retire à Rachecourt, titulaire d’un certificat de bonne conduite. En 1932, la commission de réforme de Troyes lui accordera un taux d’invalidité de moins de 10 % pour une cicatrice en haut de la cuisse droite (séquelle d’une blessure de guerre ?).

Le 11 février 1924 à Rachecourt, Auguste Cabartier se marie avec Marthe Augustine Lefranc, née en 1889 à Thonnance-lès-Joinville.

Celle-ci est veuve de Jean Baptiste Maurice , né le 11 mars 1884 à Toul (Meurthe-et-Moselle – 54), mort sur le front, à Hoéville (54) le 25 août 1914.

Ils s’étaient mariés le 22 mai 1909, à Thonnance-lès-Joinville (52), et avaient eu quatre fils : Germain, né en 1909, Raymond, né en 1911, tous deux à Montreuil-sur-Thonnance, puis Serge, né en 1913, et Maurice, né en 1915 – après le départ de son père -, tous deux à Thonnance-lès-Joinville. Tous quatre ont été adoptés par la Nation. En 1919, Marthe met au monde un autre garçon, Marcel, qui prend son nom d’épouse.Ensemble, Auguste et Marthe Cabartier auront encore trois autres garçons : Gilbert, né en 1921 (avant leur mariage), Daniel, né en 1926 et enfin Christian, né en 1929, tous trois à Rachecourt.

La famille s’élargit également par le mariage de la sœur d’Auguste, Jeanne Cabartier, avec le frère de Marthe, Charles Lefranc.

Au moment de l’arrestation d’Auguste, sa famille est domiciliée à Rachecourt, habitant dans la plus grande maison des « Petites cours ».