Camille DELATTRE

Matricule 45436
decede
Photographie de Camille DELATTRE
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Camille, Léopold, Delattre naît le 11 juin 1904 à Paris 14e, à la maternité de Port-Royal (123, boulevard de Port-Royal), fils de Léon Delattre, 36 ans, cartonnier, et de Léonide Pichide, 32 ans, cartonnière, son épouse, domiciliés au 20, rue du Parc, à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne / Seine).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 12, rue Botzaris à Paris 19e, à l’extrémité sud du parc des Buttes-Chaumont.

Camille Delattre est menuisier. Il est célibataire.

Le 6 mars 1941, lors d’une vague de perquisitions aux domiciles de militants communistes, il est arrêté par des policiers du commissariat du quartier Combat pour détention de tracts en vue de leur distribution. Inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939, il est conduit au dépôt, à la disposition du Procureur de la République. Le jour même, il est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le lendemain 7 mars, le Tribunal correctionnel de la Seine le condamne à six mois d’emprisonnement. Le 13 mars, il est transféré à l’établissement pénitentiaire de Fresnes [1] (Seine / Val-de-Marne).

À une date restant à préciser, il est transféré à la Maison centrale de Poissy (Seine-et-Oise / Val-d’Oise).

Au deuxième plan, la Maison centrale de Poissy vers 1916. Carte postale. Collection Mémoire Vive

Le 12 juillet, en « exécution de la note préfectorale » du 14 novembre 1940, le directeur de la prison transmet au bureau politique du cabinet du préfet de Seine-et-Oise 21 notices de détenus de la Seine devant être libérés à l’expiration de leur peine au cours du mois suivant. Le 26 juillet, le préfet de Seine-et-Oise transmet le dossier au préfet de police de Paris, direction des services des Renseignements généraux.

Le 29 août, à l’expiration de sa peine, Camille Delattre est remis en liberté. Mais, la police le considère comme un « agent très actif de la propagande communiste clandestine »

Le 19 septembre, le préfet de police signe l’arrêté ordonnant son internement administratif en application du décret du 18 novembre 1939. Le jour même, Camille Delattre est conduit au dépôt de la préfecture de police (au sous-sol de la Conciergerie, île de la Cité) en attendant son transfert dans un camp ; en même temps qu’André Amarot et Léon Lecomte, également libérés de Poissy au mois d’août précédent.

Le 9 octobre 1941, Camille Delattre fait partie des 60 militants communistes (40 détenus venant du dépôt – 20 venant de la caserne des Tourelles – transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne) ; départ gare d’Austerlitz à 8 h 25, arrivée à Rouillé à 18 h 56.