Charles, Victor, Cécile, Bachelet naît le 23 août 1895 au Grand-Quevilly (Seine-Maritime [1] – 76), au sud-ouest de l’agglomération de Rouen, dans la boucle de la Seine, chez ses parents, Léon Bachelet, 28 ans, maçon, et Louise Monlaurd, son épouse, 28 ans, tisseuse ; un des deux témoins pour l’enregistrement à l’état civil est Adolphe Bachelet, 52 ans, jardinier.
Pendant un temps, Charles Bachelet travaille comme journalier.
De la classe 1915, il est incorporé le 19 décembre 1914 au 36e régiment d’infanterie. Le 30 avril 1916, il passe au 19e ou au 39e R.I. Le 16 décembre, il est évacué malade jusqu’au 15 janvier 1915. Il est de nouveau évacué malade du 27 avril au 28 mai 1917, puis du 6 au 28 janvier 1918, du 30 mars au 1er mai, du 20 mai au 18 juin. Il est blessé plusieurs fois dans les combats. Le 1er janvier, puis de nouveau le 30 novembre 1918, il est cité à l’ordre du régiment. Il est décoré de la Croix de guerre. Le 10 septembre 1919, il est envoyé en congé illimité de démobilisation et se retire à Grand-Quevilly, au 13, rue Sadi-Carnot, titulaire d’un certificat de bonne conduite.
Le 26 juin 1920 à Petit-Quevilly, il épouse Alphonsine Fleury, tisseuse. Ils ont deux filles, dont Irène, née le 24 avril 1922.
En mars 1921, le couple habite au 10, rue de la Mouville (ou de la Nouvelle … ?) à Grand-Quevilly. En novembre 1923, la famille demeure au 18, rue saint-Julien, à Rouen.
En mai 1928 et jusqu’au moment de son arrestation, Charles Bachelet est domicilié au 125, rue Sadi-Carnot, à Grand-Quevilly. Il héberge alors sa propre mère.
En décembre 1925, il se déclare boiseur-cimentier, puis, en en 1928 et 1937, charpentier en bois (cheminot selon L. Eudier ou papetier selon L. Jouvin).
Il milite à la CGT et au Parti communiste.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Charles Bachelet est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45188, selon les listes reconstituées, la photo d’immatriculation correspondant à ce matricule a été retrouvée ; selon son arrière-petit-fille, il y a un air de famille certain.