Charlotte LESCURE

Matricule 31733
survivant
Photographie de Charlotte LESCURE
Photographie à vérifier
Convoi 31000

Charlotte Zanker naît le 31 mai 1902 à Saint-Paul (Gironde – 33).

Elle vient habiter à Cenon, sur la rive droite de la Garonne en face de Bordeaux (33) ; probablement avec ses parents. Elle y rencontre Henri Lescure, né le 3 novembre 1899 à Cenon, manœuvre dans une usine de Bordeaux et qui habite alors dans la même rue qu’elle.

En 1921, ils se se marient et s’installent à Floirac, au sud de Cenon.

Henri Lescure a une sœur plus âgé, Berthe, née le 26 avril 1895 au Passage (Lot-et-Garonne – 47), mariée en 1917 avec Jean Lapeyrade, né le 4 juillet 1893 à Bordeaux, ajusteur aux ateliers de Bacalan.

Jean Lapeyrade adhère à la section française de l’Internationale communiste (futur PCF) peu de temps après sa création en 1920. En 1927, il est secrétaire de cellule aux chantiers Dyle et Bacalan , en compagnie de Laurent Puyoo (fusillé le 24 octobre 1941). Il entre ensuite à l’usine Motobloc à Bordeaux-Bastide, d’où il est licencié en raison de son action syndicale. Il est ouvrier dans la navale, aux Chantiers de la Gironde à Lormont, quand il est frappé par l’interdiction du Parti communiste. Il s’engage alors dans l’organisation clandestine.

Sous l’occupation, Henri et Charlotte Lescure entreposent du matériel de propagande du Front national [1], font des liaisons, hébergent des résistants en transit depuis Paris.

Ils en envoient chez les Lapeyrade qui les reçoivent chaleureusement. Ainsi, Jean et Berthe hébergent pendant un temps un couple de dirigeants illégaux : “Lucien” (ancien secrétaire général de la mairie communiste de Tarnos dans les Landes) et “Anny” (responsable régionale des comités féminins).

À la fin mai 1942, la brigade du commissaire spécial Poinsot obtient des informations en interrogeant un responsable de la propagande clandestine qui vient d’être arrêté, Pierre Giret. Le 30 mai, celui-ci échappe à des inspecteurs qui l’ont conduit à son domicile et son épouse s’évade d’un hôpital le 12 juin. Dans leur cavale, ils se font héberger par plusieurs familles de militants. Entrent-ils alors en contact avec les Lapeyrade et les Lescure ?

Quelques arrestations ont lieu qui entraînent le 7 juillet l’arrestation d’un délégué du Comité central du PCF, responsable des Francs-tireurs et partisans (FTP) pour la région sud.

Le 25 juillet 1942, Jean et Berthe Lapeyrade sont arrêtés chez eux par la police française. La relation entre les Lapeyrade et les Lescure est facile à établir…

Un moment plus tard, les mêmes policiers arrêtent Charlotte Lescure à son domicile, pendant que son mari est à son travail. Convoqué au commissariat, Henri Lescure s’y rend, craignant pour sa femme et pour son fils, alors âgé de dix-neuf ans : il est aussitôt arrêté.

Berthe et Charlotte sont emprisonnées à la caserne Boudet, rue de Pessac à Bordeaux, qui dispose d’une prison militaire utilisée comme annexe du Fort du Hâ.