“Cécile” en 1941.
Une enfance difficile
Christiane Charua naît le 18 juillet 1915 à Calais (Pas-de-Calais). En 1917, compte tenu de l’état de guerre, la famille se réfugie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) où Christiane va à l’école.
Sa mère exerce divers métiers : couturière, coursière et fourreuse. Veuve d’un navigant de la marine marchande, elle se remarie avec un artiste peintre. Au total, elle a onze enfants, dont un grand nombre est mort en bas âge.
Christiane dira de son enfance : « Mon jeune frère et moi avons été élevés seuls. Notre mère travaillait à Paris, rentrait très tard. Nous devions nous débrouiller pour le manger, le feu, la vaisselle. Souvent la mère nous trouvait endormis sur la table. La lampe à pétrole charbonnait, le feu était mort. Nous allions à l’école à deux kilomètres de la maison. À treize ans, j’ai travaillé. Après la couture, la fourrure. Je me suis mariée à dix-sept ans, j’ai eu une fille à dix-neuf ans, j’ai divorcé à vingt-et-un ans. En 1941, j’ai mis ma fille en nourrice pour entrer dans la résistance. »
La Résistance dans le réseau des imprimeurs des F.T.P
Christiane rejoint les rangs de la Résistance communiste sous le nom de guerre de « Cécile », qui lui est resté auprès de ses proches. Elle participe à diverses activités de propagande : tracts en allemand pour l’armée d’occupation, tirage de L’Humanité , stockage et transports du matériel. Elle cherche des locaux pour constituer des planques car il faut en changer souvent, et fait l’intermédiaire entre les imprimeurs et les distributeurs.
À ce sujet elle dira : « Il m’est arrivé de transporter des valises pleines de plombs pour l’imprimerie en me forçant à une démarche qui fasse croire que les valises étaient légères.. . »
L’arrestation, le dépôt, le fort de Romainville
Le 18 juin 1942, tous les imprimeurs sont arrêtés. “Cécile” dépiste les policiers qui la filent, déménage et change d’affectation : elle sera chargée désormais de fournir des tickets d’alimentation aux camarades clandestins de la banlieue parisienne.
Le 7 juillet, sortant de la station de métro Monge, elle est reconnue par l’un des inspecteurs qui l’avaient suivie le mois précédent. Mauvais hasard. Conduite dans les bureaux des renseignements généraux la préfecture de police, elle n’y est pas battue : les inspecteurs connaissent déjà tout de son réseau.
Paris. La préfecture de police vue depuis Notre-Dame. Carte postale des années 1900 (le bâtiment est alors la caserne de la Garde républicaine). Coll. Mémoire Vive.