Christophe Le MEUR

Matricule 46247
decede
Photographie de Christophe Le MEUR
Christophe Le Meur © André Le Breton DR © « Mémoire pour demain » et « Le Télégramme » du 1er février 2005 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2008/02/le-meur-christophe-michel-stanislas/
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Collection André Le Breton. D.R.

Christophe, Michel, Stanislas, Jérôme, Le Meur, naît le 30 septembre 1911 à Tourch, canton de Rosporden (Finistère), dans une famille de petits fermiers bretons qui compte quatorze enfants.

En 1929, âgé de 18 ans, il vient s’installer chez sa sœur aînée Catherine, mariée à Jean Le Breton, qui tient une pension de famille au 11, rue du Docteur-Quéry à Villejuif [1] (Seine / Val-de-Marne – 94). Il est célibataire. Il devient terrassier, puisatier.

En 1930, il adhère à la CGTU (puis à la CGT après la réunification), ainsi qu’au Parti communiste, en 1934. Militant actif, il participe à différentes manifestations et diffuse la presse communiste : Front Rouge (journal local de Villejuif), L’Avant-Garde , L’Humanité ….

En 1936, ayant décidé de partir combattre en Espagne pour y défendre la République du Frente Popular contre la rébellion du général Franco soutenue par Hitler et Mussolini, il dit au revoir à ses proches au cours d’une réunion familiale chez les Le Breton. Le 17 novembre 1936, il part avec ses amis Louis Mayet, natif de Tourch, conseiller municipal de Villejuif, Jean Couléou et René Legrand, demeurant dans la pension de Catherine Le Meur. Arrivés à Albacete pour s’engager dans les Brigades internationales, ils sont versés dans la 14e brigade. Christophe Le Meur y est affecté comme tirailleur.

Après quelques semaines d’instruction, il rejoint le front à Teruel, un saillant franquiste en zone républicaine. Avec son bataillon, il participe à de nombreuses offensives de janvier à mars 1937. Grièvement blessé à lajambe droite, il est rapatrié en urgence et admis à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre [1](94) en avril. Il souffre beaucoup de sa blessure. Opéré au début de mai 1937 dans le service d’un chirurgien qui ne cache pas ses sympathies fascistes, et où on l’isole, il en sort définitivement handicapé de la jambe droite.

Insigne de l’Association des volontaires pour l’Espagne républicaine, ayant appartenu à Christophe Le Meur. Produit entre la mi-1938 et la mi-1939. Coll. André Le Breton.

À partir de septembre 1937, après une convalescence chez sa sœur Catherine où il est entouré de ses camarades (Cogrel), il accepte le poste qu’on lui propose comme gardien au Comité central du PCF, 44 rue Le Peletier à Paris. Les relations d’amitié qu’il noue dans cette période avec Marcel Cachin, directeur de L’Humanité , l’amènent à cacher une partie des archives de celui-ci quand le PCF sera interdit pendant la “drôle de guerre” (mais – enterrés quatre ans dans un jardin – une grande partie de ces documents sera irrémédiablement détériorée).

À l’automne 1939, quand le Parti communiste est interdit, Christophe Le Meur reprend son travail de terrassier puisatier.

En mai-juin 1940, Catherine Le Breton – dont les enfants sont déjà réfugiés en Bretagne – récupère un camion de la Banque de France et demande à Christophe d’accompagner et protéger leur sœur Joséphine et ses enfants sur les routes de l’exode. En chemin, ils s’arrêtent à Mer, près de Blois, pour prendre leur sœur Marie et ses enfants (alors mobilisés, les maris de celles-ci, Corentin Troalen et Guillaume Le Mao, seront fait prisonniers). Leur exode s’achève à Thouars (Deux-Sèvres).

En septembre 1940, quand la maison de Marcel Cachin à Choisy-le-Roy (94) est réquisitionnée par l’occupant, une partie de ses meubles est placée chez les Le Breton.

Sous l’occupation allemande, Christophe Le Meur participe à la Résistance au sein du Parti communiste clandestin, en relation avec Jean Lastenet, responsable d’un vaste secteur (Saint-Maur, Ivry, Vitry, Choisy, Villejuif…). Responsable de la diffusion de la propagande, Christophe Le Meur transporte sur son vélo des valises de tracts qui sont cachées chez ses sœurs, Catherine Le Breton et Joséphine Troalen (domiciliée à Vitry-sur-Seine).