Claude CELLIER

Matricule 45346
decede
Photographie de Claude CELLIER
Claude Cellier vers 1935 © Lionel Lapraye — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2015/08/cellier-claude-marie/
Convoi 45000

Claude, Marie, Cellier naît le 13 août 1897, à Messimy, à 15 km de Lyon (Rhône – 69), de Guillaume Cellier, veloutier au moment de sa naissance, et de Louise-Antoinette Brun, veloutière. Plus tard (?), son père devient manœuvre à l’Arsenal de Lyon-Perrache, tandis que sa mère fait des ménages ou travaille comme blanchisseuse. Claude Cellier a deux sœurs : une plus âgée, une autre plus jeune.

Élève de l’école laïque, Claude Cellier obtient le certificat d’études primaires à treize ans. Son père venant de mourir, il doit aussitôt commencer à travailler. D’abord coursier chez une modiste, il est l’année suivante copiste dans une compagnie d’assurances de Lyon puis à la chambre syndicale des avoués. À seize ans, il devient clerc d’avoué et fréquente des cours de droit.

Dans cette période, il fait partie des groupements laïcs et devient membre du conseil d’administration de la section de Saint-Just et du Point-du-Jour à Lyon.

Claude Cellier habite alors chez ses parents, au 7, rue Saint-Alexandre [1], à Lyon.

Le 8 janvier 1916, il est incorporé comme soldat de 2e classe au 30e régiment d’infanterie, à Annecy (Haute-Savoie), afin d’accomplir son service militaire. Le 10 octobre, il passe au 97e R.I. [? voir note]. Treize jours plus tard, le 23 octobre, son unité part « aux armées ». En avril-juin 1917, Claude Cellier est soldat au 297e R.I. [voir note], engagé dans les tranchées du Chemin des Dames au cours de la Bataille de l’Aisne (21e compagnie).

Le 22 juin 1917, à la suite d’une offensive allemande dans le secteur “Panthéon-Épine de Chevregny”, Claude Cellier est porté disparu : il a été fait prisonnier par l’armée allemande. Le bilan établi en fin de journée pour son régiment enregistre 40 tués, 97 blessés, 38 blessés légers non évacués et 174 disparus (dont lui-même). Rapatrié en France le 2 décembre 1918, il passe au 158e R.I. le 18 janvier 1919. Le 18 octobre suivant, il est mis en congé illimité de démobilisation, et se retire rue Saint-Alexandre, à Lyon. Il adhère rapidement à l’ARAC (Association républicaine des Anciens combattants).

Le 7 juillet suivant, il entre à la Compagnie du PLM (ligne ferroviaire Paris-Lyon-Méditerranée) comme homme d’équipe au service d’exploitation de Lyon. Dès le 1er septembre, il adhère au syndicat des cheminots.

En février 1920, Claude Cellier participe à la première grève du PLM, puis à celle du mois de mai suivant. Sans être révoqué comme certains militants, il subit des sanctions administratives.

Le 28 mai, il adhère au parti socialiste SFIO où il lutte pour l’adhésion à la IIIe Internationale (motion Cachin-Frossart). Secrétaire adjoint de la sous-section de Saint-Just, il milite dans le jeune PC (carte n° 31.461) et participe à la plupart des Congrès nationaux, depuis celui de Paris d’octobre 1922 jusqu’au 7e, de 1932.

Claude Cellier rejoint la CGT Unitaire dès 1922 et contribue à diriger les premiers pas de l’Union départementale du Rhône.

En août 1923, il est nommé à la commission de propagande (quittant la commission de contrôle où il siégeait depuis 1922). Le 5 août, au premier congrès unitaire ordinaire de l’Union des syndicats, tenu au cercle syndicaliste de Villeurbanne, il est l’un des porte parole de la minorité départementale qui défend les orientations de la majorité confédérale (“nationale”) : il s’affirme en faveur des commissions syndicales créées par les communistes et de l’adhésion à l’Internationale syndicale rouge. « Nous déposerons une motion d’adhésion à l’ISR et vous l’accepterez, car la Révolution russe est le prélude à la Révolution mondiale », dit-il en concluant son intervention.

Il est alors choisi par les cheminots comme délégué du personnel de sa catégorie auprès de l’Inspecteur principal et de l’Ingénieur en chef du PLM. En novembre, il est secrétaire du Syndicat unitaire des cheminots de Lyon et crée un “Comité de gare” à Lyon-Perrache et à Guillotière, lequel fait arrêter le trafic de ces gares pendant 3/4 d’heure en avril 1924. Cette action entraîne sa révocation par la compagnie PLM le 30 avril ; sanction transformée en retraite par anticipation, par une « procédure habile autant que malhonnête ». Ayant refusé de quitter son lieu de travail sur instruction fédérale, il est arrêté et emmené au commissariat le 2 mai. Il est relâché et les poursuites envisagées sont abandonnées dans le cadre de l’amnistie votée par le Cartel des Gauches le 24 mai.