Claude-Marie, Pierre, Chassepot naît le 11 juillet 1903 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire – 71), fils de Philibert Chassepot, 37 ans, manœuvre aux Mines de Blanzy, et de Jeanne Laugrost, son épouse, 28 ans. Claude a – au moins – quatre frères, Antoine, né en 1896, qui sera cultivateur, Jean, né en 1898, qui sera livreur aux établissements Debray, Joseph, né en 1906, qui sera mineur, Claude, né en 1912, qui sera manœuvre chez Guilleminot, et une sœur, Mathilde, née en 1917.
Au moment de son arrestation, Claude Chassepot est domicilié au Vernois, commune de Saint-Vallier, probablement chez ses parents. Sur les registres de recensement, il est souvent inscrit sous le prénom « Pierre ».
Il est mineur de charbon à Montceau-les-Mines, travaillant pour la S.A. des Houillères de Blanzy.
Claude Chassepot est un militant communiste.
Il reste actif dans la clandestinité : probablement membre de l’O.S. [1], appartenant au “régiment” Valmy fondé par Louis Boussin en 1941, il participe à l’organisation de réunions clandestines et distribue de la propagande (tracts, journaux).
Le dimanche 22 juin 1941, Claude Chassepot est arrêté à son domicile par les Allemands [2].
Ce soir-là, il monte à la coopérative pour faire une partie de belote avec son frère plus jeune, prénommé Claude lui aussi, prisonnier de guerre récemment libéré (en tant que mineur de fond ?) après un an passé en Allemagne. Deux officiers allemands et un inspecteur français entrent dans la salle et demandent Claude Chassepot. En réponse, c’est son frère qui se lève et qui – après un bref interrogatoire dans la cuisine – est emmené chez lui en voiture pour prendre ses affaires. Claude Chassepot s’y rend en courant. Là, l’erreur ayant été réalisée, c’est lui qui est interpellé. Il est conduit à l’hôtel de Ville de Montceau-les-Mines, où il est bientôt rejoint par son ami Charles Renaud, arrêté dans les mêmes conditions. Ils ne seront jamais interrogés.
Ensemble, ils sont conduits en voiture à la Maison d’arrêt de Chalon, où ils arrivent à 22 heures. Ils sont enfermés dans la même cellule. Claude Chassepot reçoit plusieurs visites de son frère.
Le 17 juillet – lui et Renaud dans une voiture, trois détenus dans une autre – ils sont amenés, via Beaune, à la Maison d’arrêt de Dijon où ils sont enfermés dans des cellules individuelles.
Le lendemain, une escorte de Feldgendarmes les conduit à la gare de Dijon pour prendre un train en direction de Paris. À l’arrivée, leurs gardiens leurs mettent les menottes pour les conduire en métro jusqu’à la gare du Nord. Au sortir de la gare de Compiègne, ils réquisitionnent une camionnette et le petit groupe arrive le 19 juillet au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Pendant deux jours, les nouveau internés sont gardés dans un coin de bâtiment par une sentinelle.
Claude Chassepot est enregistré au camp sous le matricule 1337 (?), avec Paul Girard, de Montchanin, Jean Damichel et Alphonse Mérot, de Chalon-sur-Saône, et Charles Renaud, camarades avec lesquels il constitue un groupe de partage des colis (quand ils sont dans la chambrée A5, entre autres). Ses compagnons et lui désignent Charles Renaud comme chef de leur chambrée : « C’est lui qui est chargé de la juste répartition de l’ordinaire. » Claude Chassepot suit plusieurs cours dispensés par le comité des détenus, notamment ceux d’italien et d’esperanto. Le 22 août, il commence à rédiger un cahier de témoignage, interrompu le 15 février 1942 et qu’il remettra à un prêtre avant son départ. Il y dessine également.
Le 8 décembre, Jean Damichel est extrait de leur chambre et isolé avec neuf autres détenus dans un bâtiment vide. Ils n’apprendront son exécution comme otage que bien plus tard [3].