Clément BRIOUDE

Matricule 45303
inconnu
Photographie de Clément BRIOUDE
Clément Brioudes le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/08/brioudes-clement/
Convoi 45000

Clément Brioude(s) naît le 16 août 1904 à Paris 15e, fils de Camille Brioude(s) et Élise Martini. L’administration française orthographiera généralement son nom « Brioude ».

Le 2 juillet 1920, le tribunal pour enfant et adolescent de la Seine l’astreint à une « colonie pénitentiaire » jusqu’à sa majorité jusqu’à sa majorité (civile probablement, soit 21 ans ; à Mettray, en Indre-et-Loire, ou à Belle-Île-en-Mer ?), pour vol.

Clément Brioude subit huit condamnations successives, dont cinq pour vol qualifiés et tentatives, avec des séjours en prison.

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Bagneux [1] (Seine / Hauts-de-Seine).

Le 29 décembre 1941, la 13e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne à trois mois d’emprisonnement pour « défense » (?) et tentative de vol. Le 31 janvier 1942, à l’expiration de sa peine, il est « libéré » de la maison d’arrêt de Fresnes (Seine / Val-de-Marne). En fait, il est probablement conduit au Dépôt. Le directeur de la police judiciaire, signe une note indiquant que Clément Brioude(s) est célibataire et n’exerce aucune profession, et concluant : « Cet individu est dangereux pour la sécurité publique ». Le 31 janvier 1942, le préfet de police signe l’arrêté ordonnant son internement administratif en application du décret du 18 novembre 1930 et de la loi du 3 septembre 1940 ; Clément Brioude « est astreint à résider pendant une durée indéterminée dans un centre de séjour surveillé ».

Le 5 mai suivant, Clément Brioude fait partie des 14 internés administratifs de la police judiciaire (dont au moins onze futurs “45000”) qui sont conduits avec 37 communistes à la gare du Nord, « à la disposition des autorités allemandes et dirigés sur Compiègne par le train de 5h50 » pour être internés au camp de Royallieu (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine cde Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler). Clément Brioude(s) fait partie des quelques hommes du convoi déportés comme “associaux”.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Clément Brioude(s) est enregistré au camp-souche d’Auschwitz (Auschwitz- I) sous le numéro 45303 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée [2]).

Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photo), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.