Clément, Auguste, Alexandre, Cadet naît le 29 septembre 1903 à Condé-sur-Seulles (Calvados – 14), chez ses parents, Casimir Cadet, 29 ans, domestique, et Félicia Jamard, 27 ans, domestique.
Le 20 mai 1939, à Bayeux (14), Clément Cadet se marie avec Marcelle Juliette Fourcaudot, 38 ans, journalière, veuve de Marcel Varoquier (décédé le 8 mars 1929), dont elle a eu trois enfants : Bernard, né le 17 octobre 1926, Jeanne Florence, née le 9 mars 1928, et Marcelle Alphonsine, née le 15 octobre 1929, tous à Commes (14), brièvement remariée puis divorcée entre 1931 et 1933, et habitant déjà avec lui impasse des Sangles à Bayeux.
Clément Cadet est ouvrier maçon.
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, Clément Cadet est arrêté à son domicile par la police française. Figurant comme “communiste” sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen, à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1], il est conduit à la gendarmerie avec 17 autres habitants de la ville (selon le Comité local de Libération).
La gendarmerie et la prison de Bayeux dans les années 1900, ancienne chapelle de la Charité. Carte postale, collection Mémoire Vive.
Le 3 mai, remis aux autorités d’occupation, il est conduit au “petit lycée” de Caen où sont rassemblés les otages du Calvados. Le 4 mai au soir, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai.
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre fin avril et fin juin 1942, Clément Cadet est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Clément Cadet est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45322 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée).
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.