Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Clovis, Albert, Julien, Dehorter naît le 3 décembre 1895 à Lederzeele (Nord), au nord de Saint-Omer, chez ses parents, Jérémie Dehorter, 26 ans, batelier ou ouvrier agricole, et de Victorine Devynck, 17 ans, ouvrière, son épouse, domiciliés au hameau de Boonegham. Lors du recensement de population de 1906, trois autres enfants sont nés : Tobie, en 1897, Marie, en 1900, et Jeanne, en 1903.
Pendant un temps, Clovis Dehorter habite chez ses parents route de Clairmarais à Saint-Omer (Pas-de-Calais) et commence à travailler comme jardinier.
Le 15 décembre 1914, il est incorporé au 54e régiment d’infanterie. Il est “aux armées” le 8 avril 1915. Dès le 25 avril suivant, lors d’une offensive allemande dans le secteur des Éparges (Meuse) – tranchée de Calonne, Bois Haut -, un éclat d’obus lui occasionne une plaie à l’avant-bras droit. Le 28 avril, il admis à l’hôpital complémentaire n° 46 de Cluny (Saône-et-Loire – 71). Le 21 juin, il est dirigé sur le dépôt de convalescents de Mâcon (71) où il est soigné jusqu’au 5 juillet. Le 21 janvier 1916, le conseil de réforme de Laval le classe service auxiliaire pour plaie par éclat d’obus à l’avant-bras. Le 20 avril suivant, la même commission le classe service armé, mais inapte un mois. En mai 1926, la commission de réforme d’Amiens lui reconnaîtra une invalidité inférieure à 10 % pour « double cicatrice non-adhérente de séton antéro-postérieur au tiers inférieur de l’avant-bras gauche ; pas d’amyotrophie, pas de diminution de la préhension ». Le 21 juillet 1916, Clovis Dehorter passe au 350e R.I. Le 18 avril 1917, il passe au 46e régiment d’artillerie. Le 1er octobre suivant, il passe au 25e R.A. Le 1er avril 1918, il passe au 175e régiment d’artillerie de tranchée, Le 16 août suivant, il passe au 209e régiment d’artillerie de campagne. Le 4 septembre, il passe au 278e R.A.C. Le 1er janvier 1919, il passe au 22e R.A. Son séjour dans une unité combattante a duré deux ans, quatre mois et cinq jours.
Le 24 juin 1919, l’armée le classe dans l’affectation spéciale, dans la 5e section des chemins de fer de campagne comme manœuvre à Saint-Omer. Depuis le 31 janvier, il est employé par la Compagnie des chemins de fer du Nord, qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1].
Le 19 juillet 1919 à Beaumont (S.-M.) – Beaumont-du-Gatinais (Seine-et-Marne) ou Beaumont-le-Hareng (Seine-Maritime) ? – Clovis Dehorter se marie avec Jeanne Alice Janvier, née le 21 novembre 1898 à Manchecourt (Loiret). Ils ont deux enfants, Marcel, né en 1920 à Saint-Omer, et Jacqueline, née en 1922 à Montdidier (Somme – 80).
Au printemps 1926 et jusqu’au moment de son arrestation, Clovis Dehorter est domicilié avec sa famille rue du Tour-de-Ville (Blanche Tâche) à Camon, à l’est de l’agglomération d’Amiens (Somme – 80). En août 1927, il est chauffeur de route à Longueau, ville limitrophe.
En 1936, son fils Marcel est apprenti (?) et sa fille Jacqueline est apprentie coiffeuse chez Larivière. Avant le déclenchement de la guerre, la municipalité de Camon dénomme Paul-Vaillant-Couturier (journaliste communiste décédé le 10 octobre 1937) la rue du Tour-de-Ville.
Clovis Dehorter est toujours chauffeur de route, mais au dépôt SNCF [1] d’Amiens, sur le réseau de la région Nord.
Il est très mal vu par sa hiérarchie « ayant un dossier très chargé en punitions diverses ».
Le 6 mars 1940, après avoir été rayé de l’affectation spéciale par l’autorité militaire et réintégré dans sa subdivision d’origine, Clovis Dehorter est mobilisé au dépôt d’artillerie n° 21, 402e batterie. Il n’est pas fait prisonnier de guerre.
A l’été 1940, Camon est limitrophe de la ligne de démarcation de la “zone rouge” (ou “zone interdite”) de la région Nord instaurée par l’occupant, où l’on n’accède qu’avec un Ausweis .