Édouard André ROGUET

Matricule 46065
decede
Photographie de Édouard André ROGUET
André Roguet photo © Claude Roguet — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/01/roguet-edouard-andre-louis/
Convoi 45000

Édouard, André , Louis, Roguet naît le 2 août 1891 à Romorantin (Loir-et-Cher – 41), chez ses parents, Édouard Roguet, 25 ans, ouvrier (tisseur en drap) aux Tissages Normant et libre penseur, et de Marie-Louise Feuillet, 25 ans, confectionneuse, son épouse. Les témoins pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil sont deux sabotiers.

André Roguet est élève du collège (?) de Romorantin puis, après avoir obtenu son Certificat d’études, travaille comme rattacheur à la même usine que son père (textile ; chez Normant ?) ; il se déclare également comme cardeur en laine.

À dix-huit ans, il part travailler à Paris où il devient ouvrier paveur, habitant dans le 18e arrondissement.

Il adhère au Parti socialiste ainsi qu’à la CGT.

D’abord classé comme soutien indispensable de famille fin août 1912, André Roguet est incorporé comme soldat de 2e classe au 113e régiment d’infanterie afin d’y accomplir son service militaire. Le 9 novembre 1913, il est nommé soldat de 1ère classe. Le décret de mobilisation générale est promulgué le 1er août 1914. Le 5 août le 113e R.I. part « en campagne ». Le 14 septembre, André Roguet est évacué. Le 22 janvier 1915, il repart au front. Un mois plus tard, le 22 février, en forêt d’Argonne (entre Ardennes, Marne et Meuse) – dans le ravin des Meurissons ? -, il est porté disparu. Fait prisonnier, il est interné à Giessen, en Allemagne. Le 29 décembre 1918, il est rapatrié. Le 14 février 1919, il passe à la 5e section de commis et ouvrier d’administration (C.O.A.). Le 16 août suivant, il est mis en congé illimité de démobilisation et se retire à Romorantin, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

Le 26 avril 1919, à Romorantin, Édouard, André, Roguet épouse Marie Rose Couvret, née le 25 juillet 1900, dans cette ville ; ils auront deux fils, Robert et Claude.

Il travaille comme gardien au camp de l’armée de l’Air de Pruniers à Romorantin (?), puis retourne (?) comme ouvrier tisseur (cordier ?) aux Établissements Normant où il reste jusqu’en 1938.

Au moment de son arrestation, il est domicilié rue du Progrès à Romorantin : plus tard, son épouse habitera rue des Champs-Ragots (peut-être avec le père d’Édouard).

Responsable, dans les année 1930, du syndicat de son entreprise, André Roguet assure les secrétariats du syndicat CGTU du Textile de Romorantin et de l’Union locale CGTU.

Membre de la section socialiste locale à Romorantin, il se prononce en faveur de l’adhésion à la IIIe Internationale. Sa section rallie la section française de l’internationale communiste (SFIC) à l’unanimité. En 1923, après le départ de Giraudet, André Roguet prend la tête de la section communiste. En 1926, il fait partie du comité fédéral du Loir-et-Cher ainsi que du comité régional du PC. En 1930, la cellule de Romorantin, dont il est alors secrétaire, compterait 35 à 40 cotisants et 100 sympathisants environ. Il est alors signalé comme destinataire de journaux antimilitaristes tels que Le Conscrit ou Le Libéré.

En 1932, secrétaire du rayon de Romorantin, qui regroupe sept cellules et 150 adhérents, et secrétaire trésorier de la cellule des adultes de Romorantin groupant trente adhérents, André Roguet se présente aux élections législatives dans la circonscription de Romorantin, où il obtient 340 voix sur 16 302 votants au 1er tour, 85 au second tour. Candidat aux élections municipales partielles d’avril 1933, il recueille 257 voix sur 1524 suffrages exprimés.

Le 12 février 1934 il est l’organisateur des manifestations antifascistes à Romorantin. En 1935, il est l’animateur de la grève des établissements Normant, où il a su maintenir un noyau syndical CGTU important, et est un des signataires des accords avec la direction. Cette même année, il brigue encore en vain un siège de conseiller municipal.