Élie DELVILLE

Matricule 45448
decede
Photographie de Élie DELVILLE
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Convoi 45000

Élie, Léopold, Joseph, Delville naît le 6 juillet 1894 à Beuvry (Pas-de-Calais – 62), fils de Jules Delville et de Marie Vantouroux.

Pendant un temps, il travaille comme houilleur.

Incorporé le 7 septembre 1914, il rejoint le jour-même le 166e régiment d’artillerie comme soldat de 2e classe (4e compagnie ?). Blessé au talon gauche le 9 avril 1915 à Fresnes-en-Woëvre (Meuse) – à vérifier – , il est évacué. Il rentre au corps le 5 juin suivant. Le 27 mai 1916, il est cité à l’ordre de son régiment : « a participé à un coup de main hardi, faisant preuve pendant toute l’action d’un grand courage ». Il reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze.

La Croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze. © MV

Le 5 septembre suivant, Élie Delville est déclaré disparu : il a été fait prisonnier et est détenu à Dülmen (Allemagne) à partir du 6 octobre. Le 21 décembre 1918, il est rapatrié. Le 16 mars 1919, il passe au 401e régiment d’infanterie. Il est « envoyé en congé illimité » (démobilisé) le 25 août suivant, soit « 50 mois » de service. Il se retire à Beuvry, rue de la Place ; le certificat de bonne conduite lui est refusé. Le 7 juillet 1927, l’armée le classe comme réserviste dans l’ “affectation spéciale” aux mines de Vendin-lès-Béthune.

Élie Delville est déclaré comme mineur de fond.

Le 26 novembre 1926, le tribunal correctionnel de Béthune le condamne à six jours d’emprisonnement avec sursis pour outrage à agent de la force publique.

En décembre 1927, il est domicilié au 72, rue Ernest-Loyer à Lomme (Nord – 59), dans la périphérie de Lille.

Il adhère au syndicat CGT en 1927 (?). Il est membre du Parti communiste (?).

En janvier 1933, il est domicilié au 21, rue de Meaux à Paris 19e.

Il est marié et a un enfant. Pendant un temps, il se déclare comme terrassier.

Pendant la guerre d’Espagne, Élie Delville s’engage dans les Brigades internationales pour défendre la République espagnole contre la rébellion du général Franco soutenue militairement par Hitler et Mussolini. Arrivé en Espagne le 27 avril 1937, il est affecté à la garnison de Salamanque. Mais sa situation personnelle se dégrade : pendant deux mois, il se réfugie au consulat français de Valence, puis se rend volontairement à la délégation des Brigades de la ville, en justifiant cette absence du fait « qu’il est malade » (?). Le 28 avril 1937, la commission judiciaire des Brigades d’Albacete propose son « renvoi devant les camarades Marty et Vidal » pour désertion. Le 14 mai suivant, il est mis en détention pour état d’ivresse et « gros scandale » (insulte des officiers). Une note de la commission judiciaire datée du 21 mai propose cinq jours de prison et cinq jours de suppression de solde « et avertissement qu’en cas de récidive il sera remis à la Justice espagnole ». Sur une liste établie à la base des brigades internationales d’Albacete, Élie Delville est inscrit parmi les volontaires rapatriés entre le 21 et le 23 juin 1937 : il est considéré comme « indésirable ».