Élie GAUDEFROY

Matricule 45575
decede
Photographie de Élie GAUDEFROY
Elie Gaudefroy en 1932, archives RATP — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2013/05/gaudefroy-elie/
Convoi 45000

Élie, (Jean ?), Gaudefroy naît le 11 décembre 1892 à Paris 10e, à la maternité de l’hôpital Lariboisière, 2 rue Ambroise Paré, fils de Jules Gaudefroy, 33 ans, camionneur, et de Marie-Claire Hoffmann, 40 ans, son épouse, domiciliés au 29 rue du Maroc, à Paris 19e.

Pendant un temps, Élie Gaudefroy vit chez ses parents, qui habitent alors au 109, rue de Charonne (Paris 11e), et travaille comme maréchal-ferrant.

De la classe 1912, il est incorporé le 8 octobre 1913 comme canonnier de 2e classe au 46e régiment d’artillerie pour y effectuer son service militaire. Le 2 août 1914, la guerre le rattrape. Du 7 mars au 5 avril 1915, Élie Gaudefroy est soigné de la typhoïde à l’hôpital de Bar-le-Duc (Meuse), puis à l’hôpital de Sarlat (Dordogne) jusqu’à 22 avril et enfin pendant deux jours à celui de Brive (Corrèze). Il est dans un dépôt militaire jusqu’au 29 juillet, puis retourne “aux armées”. Du 30 janvier au 13 avril 1916, il est soigné pour érysipèle à l’hôpital de Châlons (Marne), puis à l’hôpital d’Oléron (Charente-Maritime) jusqu’au 22 juillet suivant. Il bénéficie ensuite d’une semaine de convalescence. Le 2 août, il rejoint un dépôt et retourne sur le front. Le 20 juin 1918, il est cité à l’ordre de son régiment : « s’est spontanément porté au secours de camarades blessés, malgré la violence du bombardement donnant ainsi un très bel exemple de calme et de courage » ; il reçoit la Croix de guerre. Il est “aux armées” jusqu’à l’armistice du 11 novembre. Le 24 juin 1919, il passe au 83e régiment d’artillerie lourde. Le 25 août suivant, il est démobilisé, titulaire d’un “certificat de bonne conduite”.

Le 17 avril 1920 à Paris 20e, Élie Gaudefroy se marie avec Berthe Rafflé, née le 12 avril 1891 à Paris 11e, fleuriste. Ils n’auront pas d’enfant.

En 1920, le couple habite au 10 ou au 11, rue de Buzenval à Paris 20e.

Pendant un temps, Élie Gaudefroy travaille comme biseauteur de glace (miroir). Le 16 avril 1927, il est élu trésorier-adjoint du Syndicat (unitaire) des ouvriers biseauteurs, tailleurs, polisseurs et argenteurs de glace. Mais cette profession perd ses emplois…

Le 6 novembre 1927, Élie Gaudefroy entre à la STCRP (Société des transports en commun de la région parisienne, réseau de surface intégré à la RATP après la Libération [1]), comme receveur d’autobus au dépôt des Lilas (recalé à l’examen d’aptitude de machiniste). Le 27 août 1928, il est muté au dépôt de Lagny.

Le 2 décembre, les six inculpés comparaissent devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine. Élie Gaudefroy est condamné à quatre mois d’emprisonnement. Lui et son épouse se pourvoient en appel auprès du procureur de la République. Le 14 décembre, Élie Gaudefroy est écroué à la Maison d’arrêt de Fresnes (Seine / Val-de-Marne).

Le 13 janvier 1941, à l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré : le jour même, le préfet de police signe l’arrêté ordonnant son internement administratif. Sous ce statut, il conduit à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le 17 janvier, Élie Gaudefroy fait partie des 24 militants communistes conduits au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé en octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

Le sanatorium de la Bucaille à Aincourt dans les années 1930. Le centre de séjour surveillé a été installé dans la longue bâtisse située au premier plan à gauche. Afin de pouvoir y entasser les détenus, il a fallu y transporter le mobilier des autres bâtiments. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 25 janvier 1941, le préfet de police de Paris « fait connaître » au président du Conseil d’administration de la STCRP qu’il a « fait application du décret du 18-09-1939 à » Élie Gaudefroy.