Élisabeth DUPEYRON

Matricule 31731
survivant
Photographie de Élisabeth DUPEYRON
Photographie à vérifier
Convoi 31000

Élisabeth Dufour naît le 25 août 1914 à Lormont, dans la grande banlieue de Bordeaux (Gironde – 33) sur la rive droite de la Garonne, au sein d’une famille de cinq enfants. Son père est chauffeur aux Grands Moulins de Bordeaux. Elle va à l’école à Lormont jusqu’au certificat d’études.

À une date restant à préciser, elle se marie avec Albert Dupeyron, né le 29 avril 1910 à Bègles (Gironde). Au moment de leur arrestation, ils habitent impasse Canon à Bègles.

Ouvrier hautement qualifié, charpentier traceur, Albert participe à la construction des paquebots qui sortent des Chantiers de la Gironde à Lormont dans l’entre deux guerres et assurent la prospérité du port de Bordeaux par le transport de passagers et de marchandises vers l’Afrique.

Albert Dupeyron – Bébert – fait partie de ce noyau de militants farouchement partisans de l’unité syndicale, seule susceptible, selon eux, d’obtenir des améliorations sensibles des conditions de vie et de travail.

Il rejoint le Parti communiste dans les grands débats pour le Front populaire.

Lors de la mobilisation de 1939, il est requis à l’usine d’aviation de la SNCASO à Bègles-Birambis [1].

Il contribue à la réorganisation illégale du Parti Communiste, et dès l’entrée des Allemands à Bordeaux, à la constitution de groupes de l’organisation spéciale (O.S.) chargés de la protection des diffuseurs de propagande, du sabotage de la production et de la récupération d’armes.

Parallèlement, et sur instruction de l’organisation illégale, il participe à la direction du syndicat d’inspiration pétainiste pour avoir une couverture et intensifier les actions revendicatives.

Lorsqu’en 1941, la direction clandestine pense possible le déclenchement d’une grève avec pour prétexte l’insuffisance de nourriture à la cantine, c’est Albert qui est désigné pour engager le processus. Les tracts se multiplient : pas de pain, pas de viande, pas de travail… Les discussions vont bon train et, un jour, Albert monte sur la table à la cantine et harangue les ouvriers : la grève est votée à main levée. Dès lors sa position devient difficile, la police le suit pas à pas.

Il devient illégal afin de poursuivre son activité de résistant. La décision n’est pas simple, il a une femme, deux jeunes enfants ; que vont-ils devenir, même si l’organisation illégale veille sur eux ?

Envoyé en Charente, il participe à de nombreux sabotages (voir sa fiche allemande en note). En mai-juin 1942, il doit cambrioler un ferme du côté de Cherves avec René Michel, responsable inter-régional politique de l’organisation clandestine, et Ferdinand Vincent, mais l‘opération échoue. Début juillet, avec les mêmes, il participe à une opération de sabotage sur la voie ferrée près de Saintes, tandis qu’une autre équipe de trois hommes effectue une action identique sur la ligne Saintes-La Rochelle.

Le 27 juillet, Albert et Élisabeth Dupeyron participent à une réunion clandestine chez les Vallina, à Cognac, où ils rencontrent également le triangle de direction de la résistance communiste en Charente : Jean Barrière, René Michel et Yves Tasset [2]. Ensuite, ils se rendent chez les Guillon, dans leur ferme Les violettes à Sainte-Sévère, près de Jarnac (Charente – 16) pour y prendre des armes destinées aux FTP de Bordeaux ; ils y passeront la nuit.