Émile FROMENTIN

Matricule 45562
decede
Photo non trouvée pour Émile FROMENTIN
Image de remplacement. Photographie de Émile FROMENTIN non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Émile, Jean, Fromentin naît le 5 décembre 1887 à Brest-Recouvrance (Finistère), fils de Jean Fromentin, 33 ans, deuxième maître magasinier de la Flotte, et d’Ambroisine Paul, son épouse, 20 ans. Son père décède le 26 février 1904.

Entre temps, le 11 décembre 1903, à la mairie de Brest, Émile Fromentin, âgé de seize ans, s’est engagé volontairement aux équipages de la Flotte comme apprenti-marin. Le 15 juillet 1904, il est « destiné » à l’école des mécaniciens. Le 5 décembre 1905, il passe matelot de 3e classe. Du 15 février au 11 mars 1908, il est au Maroc en guerre. Le 12 juin 1908, un conseil de discipline le réduit au grade d’apprenti-marin, puis, le 26 août suivant, le conseil de discipline réuni à bord du cuirassier Du Chayla prononce un avis pour son envoi à la 2e compagnie de discipline. Le 27 septembre, il est conduit au dépôt du corps disciplinaire colonial à Oléron. Le 14 novembre, Émile Fromentin est dirigé sur la « portion centrale » à Biskra (Algérie), entre le massif de l’Aurès et le Sahara, où il arrive dix jours plus tard. Le 11 mars 1909, le conseil de guerre de la division de Constantine le condamne à deux ans de prison pour « outrage publique à la pudeur ». Le 9 novembre, il passe à la 3e compagnie de fusiliers de discipline. Fin décembre, il est gracié de sa peine par décret et passe alors au 4e bataillon d’infanterie Légère d’Afrique (BILA – « Bat d’Af ’»), à Gabès en Tunisi.. Le 26 janvier 1910, il passe chasseur de 2e classe. Il quitte la Tunisie le 1er novembre 1911 et est démobilisé cinq jours plus tard, passant dans la réserve de l’armée active, le certificat de bonne conduite lui étant refusé. Le 27 janvier 1913, à Saint-Pierre-Quilbignon, Émile Fromentin se marie avec Julia Adolphine Burel, 24 ans, native de cette commune (rattachée à Brest en 1945). La mère du marié, alors domiciliée à Morlaix, est déclarée « hors d’état de donner son libre consentement ». Ce mariage sera dissous par un jugement de divorce prononcé le 20 mai 1933 par la 2e chambre du tribunal civil de Rouen Le 1er août 1914, il est rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale et arrive au corps, à Bordeaux, quatre jours plus tard. Mais, dès le 30 septembre, il manque à l’appel. Le 21 août 1917, il est affecté à la compagnie de marche du 11e groupe. Le 21 mai 1918, il est réhabilité par arrêt de la cour d’appel de Rabat (Maroc) et affecté le 25 juin à la compagnie A du Maroc oriental. Le 24 juillet, il est rayé des contrôles du 11e groupe spécial.

Le 10 avril 1919, le tribunal correctionnel de Bordeaux le condamne à un mois de prison pour un vol commis quatre jours plus tôt (peine amnistiée par la loi du 24 octobre 1919). En août 1920, il est domicilié au 12, rue de Nieuport à Dunkerque. Le 25 octobre suivant, un tribunal du Havre le condamne à quinze jours de prison pour pour d’arme prohibée et ivresse. Le 26 avril 1921, il est de de nouveau condamné au Havre pour le même motif.

Son matricule militaire indique comme « marques particulières », des tâches de rousseur, des cicatrices de brûlures au poignet droit, une cicatrice de coup de baïonnette au poignet gauche, puis liste ses tatouages : sur le bras droit, un serpent dans un palmier entouré de pointes, un domino, un papillon, les cuisses d’une femme, une tête de femme et une tête d’homme, au “sommet du bras” « Né sous l’étoile du malheur » ; sur le bras gauche, « Vive la classe 1910 », « MAV », « campagne de Chine 1905-1907 », « Maroc 7-8 », un clou (?), une ancre, trois dominos, un marin, « CD », « disciplinaire », au “sommet du bras” une étoile ; sur la poitrine, deux têtes de femmes.

Pendant un temps, il aurait vécu à Boulogne-Billancourt.

Au moment de son arrestation, Émile Fromentin est domicilié au 40, rue du Rempart-Martinville à Rouen (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [1] – 76). Il vit alors maritalement avec Léa Vaissac.

« Communiste militant », Émile Fromentin devient membre de la commission de propagande pour la région et, le 21 mars 1939, secrétaire de la cellule du quartier Saint-Hilaire où il habite – toujours selon la police – qui désigne sa compagne comme assesseur au sein de cette cellule (sous le nom de Léa Fromentin).

À des dates et pour un motif restant à préciser, il est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [2] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le 8 décembre 1941, il figure sur une liste de 28 communistes à « transférer vers l’Est », établie par la Feldkommandantur de Rouen : certains étaient déjà à Compiègne, d’autres viennent d’être arrêtées après l’attentat qui a eu lieu la veille au Havre.

D’après une signature portée sur un menu du repas de Noël 1941, Émile Fromentin serait alors assigné au bâtiment A2, chambre 8, avec Émile Billoquet, Jean Binard, Michel Bouchard, Honoré Brieu, Albert Champin, Marcel Le Dret et Julien Villette.

Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Émile Fromentin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.