Émile POUPLEAU

Matricule 46006
decede
Photographie de Émile POUPLEAU
Emile Poupleau à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/06/poupleau-emile-andre/
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Émile, André, Pierre, Joseph, Poupleau naît le 7 juillet 1907 chez ses grands-parents maternels à Bourges (Cher), fils d’Émile Poupleau, 25 ans, ajusteur, (décédé au moment de son arrestation) et d’Amélie Zolg, 24 ans, couturière, son épouse, demeurant à Saint-Denis (Seine / Seine-Saint-Denis). Les témoins pour l’enregistrement du nouveau-né, présenté à l’état-civil par la sage-femme qui l’a mis au monde en l’absence du père, sont ses deux grands-pères, respectivement ajusteur et tourneur à Bourges.

Le 29 août 1931, à Suresnes (Seine / Hauts-de-Seine – 92), Émile Poupleau se marie avec Noëlle Gabrielle Huss, née le 28 septembre 1912 à Malo-les-Bains (Nord). Ils ont une fille, Renée, née le 9 septembre 1934.

Au moment de son arrestation, Émile Poupleau habite avec sa mère au 36, rue Arago à Puteaux [1] (92) ; peut-être le couple est-il séparé, mais sans avoir divorcé (?).

Émile Poupleau est menuisier. Il adhère au syndicat « de sa corporation » sans y avoir d’activité particulière.

Il adhère au Parti communiste en 1938.

Mobilisé le 26 août 1939, il est “affecté spécial” à l’usine du Moulin Noir à Nanterre (92) le 14 novembre suivant.

En dernier lieu, il travaille à la maison Vélo-Car Mochet, sise au 68, rue Roque-de-Fillol à Puteaux.

Le 26 ou 27 janvier 1941, Émile Poupleau est arrêté dans son atelier d’entreprise par les services du commissariat de la circonscription de Puteaux. Au cours de son interrogatoire, il reconnaît avoir distribué à trois reprises des tracts communistes qu’il disposait sur la voie publique à la vue et à portée de main des passants.

Le 13 février, les services de la préfecture de police rendent compte qu’ « au terme d’une série d’enquêtes et de multiples surveillances », ils ont appréhendé 26 militants pour « recrutement d’éléments susceptibles de participer d’une manière particulièrement active à l’organisation de la propagande communiste clandestine à Puteaux » et confection, répartition et diffusion du « matériel de propagande (tracts, papillons, placards) », parmi lesquels André Arsène Bisillon, Louis Leroy et Lucien Pairière, qui seront déportés avec lui.

À l’exception de deux d’entre eux, tous les hommes arrêtés sont inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939, et conduits au dépôt de la préfecture de police (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité), à disposition du procureur de la République. Le 1er février 1942, Émile Poupleau est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e) sous mandat de dépôt d’un juge d’instruction.

Le 12 février 1942, Émile Poupleau bénéficie d’une mise en liberté provisoire pour raison de santé (voir ci-dessous). Mais, amené à la préfecture de police le lendemain, il est de nouveau conduit au Dépôt en attendant son transfert dans un camp d’internement. Le 21 février suivant, la préfecture de police propose au ministère de l’Intérieur de lui faire application du décret du 18 novembre 1939 visant les individus dangereux pour la Défense nationale et la sécurité publique, lequel donne son accord. Le 26 mars, le préfet de police signe l’arrêté ordonnant son internement administratif. Pendant un temps, Émile Poupleau reste détenu dans la grande salle du Dépôt.