Esterina Ou Estellina RUJU

Matricule 31838
decede
Photographie de Esterina Ou Estellina RUJU
Photographie à vérifier
Convoi 31000

Esterina (ou Estellina ?) Ruju naît le 23 janvier 1885 à Chiaramonti, au nord de la Sardaigne (Italie), fille de Nicolas Ruju et de Francesca.

Arrivée en France à une date inconnue, elle conserve un accent difficile à identifier.

À une date restant à préciser, elle prend la nationalité française par mariage. Le 18 décembre 1916, elle divorce de Maurice Uffler.

Sa mère vit à Marseille, alors que son père habite en Sardaigne.

À partir du 15 avril 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, elle est domiciliée au 53, avenue de Ségur, Paris 7e.

Elle est cuisinière. Du 18 avril 1935 au 6 mars 1939, elle fait des extras dans différents restaurants de la capitale, mais ne travaille en fait que cinq mois et onze jours. Durant cette période, elle est secourue à plusieurs reprises par le fonds de chômage du 7e arrondissement.

La police lui suppose des sympathies communistes : de 1936 à 1938, lors de la construction du nouveau ministère des Postes, dans la longueur de l’avenue de Ségur, en face de chez elle, elle approuve par des slogans et des chants révolutionnaires les « incidents de chantier », syndicaux et politiques, qui s”y produisent.

Le 15 mai 1941, elle est embauchée à l’office du restaurant La Brune, sis au 42, avenue de la Motte-Piquet, dans son quartier. Vers le 31 décembre, elle est arrêtée par la Geheime Feldpolizei « à la suite d’incidents survenus » (?) dans l’établissement où elle travaille.

Esterina Ruju est la première des futures “31000” à avoir été internée au camp allemand du Fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas [1] (Seine / Seine-Saint-Denis), élément d’infrastructure du Frontstalag 122. Le 8 avril 1942, elle y est enregistrée sous le matricule n° 472.

Là, elle ne reçoit jamais ni lettre ni colis. Elle couche à l’étage inférieur du lit dont Vittoria Daubeuf, « Viva », occupe le haut. Viva lui donne de ce qu’elle reçoit. Et Ruju – ses compagnes l’appellent ainsi, comme si elle n’avait pas de prénom – se propose toujours pour quelque menue besogne : coudre un bouton, laver du linge. Elle y gagne une réputation de femme toujours prête à rendre service. Par ailleurs, elle garde tout ce qu’elle peut ramasser ici ou là, comme une avare.

Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne, Oise (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 22.1 »).

Le lendemain, Esterina Ruju fait partie du deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris). Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.