Eugène, Jean, Pascal, Louis, Charil naît le soir du 13 avril 1899 à La Roë (Mayenne), chez ses parents, Eugène Charil, 28 ans, journalier (domestique cultivateur), et Angèle, née Lebreton, 25 ans, son épouse, journalière. Son père sera décédé au moment de son arrestation.
Pendant un temps, il habite chez ses parents, domiciliés au 35, rue de la Mairie-École à Angers (Maine-et-Loire).
Arrivé très jeune à Paris, il travaille régulièrement comme typographe à l’imprimerie Paris-Sport, sise au 18, rue du Croissant, équipe du journal L’Heure . À partir du 15 mai 1916, il loge en hôtel au 15, rue du Faubourg-Saint-Martin.
Le 19 mars 1918, à 0 h 40, il se présente au poste de police du 9, rue Thorel pour protester contre l’arrestation d’un nommé Moquet. Apparemment en état d’ivresse, il est trouvé porteur de trois listes erronées des points de chute du raid allemand du 11 mars et d’une épreuve d’article du journal L’Action Française relatif au dit raid. Il déclare tenir les listes d’un camarade d’atelier, mais l’enquête de police établit qu’il les a composées et tirées lui-même. Il est conduit au dépôt de la préfecture de police et mis à la disposition du Parquet de la Seine pour infraction à la loi du 5 août 1914. Le lendemain, le juge d’instruction le remet en liberté. Un ordonnance de non-lieu est prononcée le 15 avril.Le conseil de révision d’Angers retarde son incorporation au service militaire pour « ostéïte en évolution en septembre 1918 et faiblesse ». Le 8 octobre 1920, Eugène Charil rejoint le 106e régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe. Mais, deux semaines plus tard, le 22 octobre, la commission de réforme de Châlons-sur-Marne le réforme temporairement pour « cicatrices adhérentes de la cuiller gauche, suite d’ostéïte, limitation des mouvements de flexion du genou, gêne de la marche ». Le 25 novembre 1921, la 5e commission de réforme de la Seine renouvelle cette réforme pour « à l’extrémité inférieure de la cuisse gauche petite cicatrice de strajet [?] fistuleux, face interne au même niveau petite cicatrice souple ».Début 1921, Eugène Charil demeure au 48, rue Volta à Paris 3e, dans un hôtel dont la gérante, veuve, serait sa maîtresse, selon la police.
Le soir du dimanche 13 mars 1921, à l’issue d’une campagne électorale, Eugène Charil est appréhendé alors qu’il manifeste avec d’autres électeurs devant les bureaux du journal L’Humanité, au 142, rue Montmartre, en chantant L’Internationale . Quand la police municipale intervient pour disperser les manifestants, il est arrêté avec un autre homme pour « outrage par parole à agents de la force publique ». Cependant, tous deux présentent spontanément leurs excuses et sont laissés en liberté provisoire. Deux jours plus tard, le 15 mars, le Comité d’action contre la guerre organise un grand meeting dans la grande salle de la mairie de Saint-Denis, que la police place sous haute surveillance.
En juin 1931, Eugène Charil habite au 31, avenue Laplace, à Arcueil (Seine / Val-de-Marne). En novembre 1932, il demeure au 180, boulevard de la Villette, à Paris 19e. En 1933, il loge au 47, rue Rochechouart. En juin 1937, il est au 20, rue Cadet, à Paris 9e.
En mars 1933, Eugène Charil dépose une demande d’autorisation de publier un bimensuel ayant pour titre Lotte Sindical ( Lutte syndicale ) et imprimé chez Gay, son employeur, au 200, quai de Jemmapes. Quelques mois plus tard, le journal sera tiré à l’Imprimerie Centrale, au 19, rue du Croissant. Cette année-là, il est également gérant du bulletin Ricossa Antifascista .
En mai 1935, il dépose une demande pour publier le mensuel Asmodée, imprimé chez Zeluck, au 4, rue Saulnier, où il travaille alors.
Il se déclarera hostile au Parti communiste et la la CGTU. Il est membre de la Chambre syndicale typographique parisienne, sise 94, boulevard Auguste-Blanqui.
En janvier 1940 et jusqu’au moment de son arrestation, Eugène Charil est domicilié dans un appartement au premier étage d’un immeuble au 52, rue de la Tour d’Auvergne, à Paris 9e.
Après la déclaration de guerre, début septembre 1939, l’imprimerie qui l’emploie comme typo-linotypiste ferme ses portes. En novembre, il travaille un peu à l’imprimerie London, sise au 13, rue de La Grange-Batelière.
Le 2 janvier 1940, il est rappelé à l’activité militaire et rejoint le dépôt d’infanterie n° 91.