Eugène CHARLES

Matricule 45354
decede
Photographie de Eugène CHARLES
Eugène Charles, années 1970 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2017/08/charles-eugene-joseph-theodore/
Convoi 45000

Eugène, Théodore, Joseph, CHARLES naît le 9 octobre 1913 à Nantes (Loire-Atlantique [1] – 44).

Dans cette ville, il habite successivement au 58, rue Joseph-Blanchard (en 1925), au 9, avenue des Châtaigniers.

En 1925, il est manœuvre maçon.

À une date restant à préciser, il se marie avec Jeanne Le Floch, née en 1914 à Beuzec-Cap-Sizun, mécanicienne chez Kervadec.

Lui-même travaille comme forgeron (frappeur) aux Chantiers de Bretagne depuis 1934.

En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Eugène Charles est domicilié au 16, avenue Sainte-Anne à Nantes (une source indique 21, rue du général-Travot : peut-être le domicile de son épouse après son arrestation).

Eugène Charles est syndiqué à la CGT. « J’aurais pu être délégué syndical, mais j’ai refusé : je ne savais pas m’exprimer, je ne me jugeais pas assez instruit. Je préférais m’investir dans l’action : j’étais au premier rang dans les grèves, le collage d’affiches, la distribution de tracts, etc. »

Il est néanmoins secrétaire de la cellule du Parti communiste du quartier Sainte-Anne à Nantes.

À la déclaration de guerre, il est “affecté spécial” aux Chantiers de Bretagne.

Aussitôt les Chantiers occupés par les Allemands, Eugène Charles et ses camarades communistes mettent en place une organisation clandestine. Leur mission : effectuer des sabotages sur les presses et des outillages, ralentir le travail et distribuer des tracts contre l’occupant et le régime de Vichy qui pratique la collaboration.

Le 23 juin 1941, Eugène Charles est arrêté à son domicile par des Feldgendarmes [2]. Il figure en onzième place sur une liste de trente « Funktionaere » (“permanents” ou “cadres”) communistes établie par la police allemande. Avec une vingtaine d’hommes arrêtés dans l’agglomération de Nantes, il est conduit au « camp du Champ de Mars » [3].

Eugène Charles est interrogé par un officier qui parle parfaitement le français et qui lui fait la liste détaillée de ses activités militantes d’avant-guerre, démontrant que les Allemands tenaient ces renseignements des autorités françaises.