Eugène, Marcel, CLÉMENT naît le 11 mai 1903 à Cerdon (Loiret), chez ses parents, Jean Clément, 25 ans, domestique, et Marie Mercier, 22 ans, couturière, son épouse, domiciliés « au bourg ». Les témoins pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil sont un instituteur et un directeur d’école. Son frère Ernest est né un an plus tôt.
Le 24 octobre 1924, à Cerdon, Eugène Clément épouse Marie Massé. Ils auront quatre enfants, âgés respectivement de 24, 21, 19 et 16 ans en 1940 (à vérifier…).
Le 14 novembre 1924, Eugène Clément entre au chemin de fer de la ligne Paris-Lyon-Méditerranée (P.L.M.). Vers 1927, il est affecté au matériel roulant
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 3, rue Franklin à Villeneuve-Saint-Georges [1] (Seine / Val-de-Marne – 94).
Eugène Clément est alors chef de train à la gare de triage SNCF de Villeneuve-Saint-Georges, réseau Sud-Est.
Villeneuve-Saint-Georges. La gare, en bordure de Seine, à gauche. Carte postale oblitérée en octobre 1945, mais certainement éditée avant guerre. Coll. Mémoire Vive.
Carte syndicale CGT, Fédération des chemins de fer. Collection Mémoire Vive.
Il est élu Conseiller municipal de Villeneuve-Saint-Georges.
En décembre 1939, les deux frères sont arrêtés pour « reconstitution du Parti communiste dissous » et emprisonnés à la Santé, à Paris. Le 27 décembre, la direction de la SNCF leur fait savoir qu’ils sont suspendus sans traitement (cartes de circulation du chemin de fer retirées le 5 janvier 1940). Puis, le 18 janvier, ils reçoivent une note les prévenant que leur suspension est changée en « absence illégale ». Peut-être Eugène Clément est-il libéré à la suite d’un non lieu, comme son frère.
Le 12 octobre 1940, Eugène Clément est appréhendé par la police française sur arrêté du préfet de Seine-et-Oise pour propagande, et interné administrativement au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé en octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt afin d’y enfermer des hommes connus de la police pour avoir été militants communistes avant-guerre. Il y retrouve son frère Ernest, auquel il confectionne un petit cadre afin que celui-ci puisse y mettre la photo de sa propre famille. En mai 1941, il est assigné à la chambre 39 bis.
Aincourt. Le sanatorium de la Bucaille. Au premier plan, le pavillon qui fut transformé en camp d’internement. Carte postale oblitérée en 1958. Coll. Mémoire Vive.
Le 16 mai 1941, Eugène Clément écrit au préfet de Seine-et-Oise pour solliciter une contre-enquête le concernant en vue de sa libération, « n’ayant eu […] qu’un seul désir : travailler pour être utile à mon pays, de même qu’à ma famille actuellement privée de soutien. ».