Ferdinand THIAULT

Matricule 46138
decede
Photographie de Ferdinand THIAULT
Ferdinand Thiault © Déville d’Hier et d’Aujourd’hui. — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/10/thiault-ferdinand-marcel/
Convoi 45000

Ferdinand, Marcel, Thiault naît le 12 janvier 1888 à Rueil [1] (Seine-et-Oise / Hauts-de-Seine), fils d’Urbain Thiault, 23 ans, jardinier, et de Marie Tissay, son épouse, 31 ans, cuisinière, domiciliés au 5, boulevard des Ormes.

En octobre 1889, ils sont domiciliés à Louveciennes (Seine-et-Oise / Yvelines). En avril 1890, Urbain et Marie Thiault sont domiciliés au 20 Quai National à Puteaux (Seine / Hauts-de-Seine – 92). Ils y sont recensés sans leur fils en 1891 (?) ; cette année-là, Urbain Thiault se déclare comme buraliste. En avril 1898, celui-ci est domicilié au 48 ou 98 rue, ou route, de Neuilly à Neuilly-sur-Seine (92). En janvier 1899, il déclare habiter au 64 rue des Arts à Levallois-Perret (92). Le 21 décembre 1902, il est domicilié au 2 avenue Thiers au Raincy (Seine-et-Oise / Seine-Saint-Denis). Début août 1904, il déclare habiter au 2-4 rue Saint-Germain à Sartrouville (Seine-et-Oise / Yvelines).

Pendant un temps, Ferdinand Thiault habite chez son père, veuf (depuis une date restant à préciser), au 2, rue de la Gare, à Sartrouville et commence à travailler comme cuisinier-pâtissier.

Le 28 février 1906, à la mairie de Rochefort (Charente-Inférieure / Charente-Maritime), âgé de 18 ans, Ferdinand Thiault devance l’appel au service militaire et s’engage pour cinq ans comme apprenti canonnier au 4e dépôt des équipages de la Flotte. Le 10 août suivant, il passe apprenti-marin. Le 14 avril 1907, il passe matelot de 3e classe. Le 13 décembre suivant, il passe au 11e régiment d’infanterie coloniale, cantonné à Saïgon (Cochinchine / Viêt Nam). Le 2 juin 1909, le conseil de guerre de Saïgon le condamne à deux ans de prison pour « outrages envers des supérieurs pendant le service et bris de clôture », jugement exécutoire le jour même, mais à compter du 11 mars précédent. Le 10 septembre 1910, il est gracié du restant de sa peine. Le 29 juillet 1911, il passe à la section spéciale de Saint-Florent du 163e régiment d’infanterie, à la base ouest du Cap Corse (Haute-Corse). Manquant à l’appel du 7 août suivant, il est déclaré déserteur une semaine plus tard. Le 23 août, il est arrêté par la gendarmerie de Cauro, dans la montagne 20 km à l’est d’Ajaccio (Corse du Sud) ; après un trajet d’au moins 160 km. Le 7 novembre, le conseil de guerre de la 15e région le condamne à trois ans de forteresse, à compter du 22 août précédent, pour « désertion à l’intérieur avec emport d’effets ». Le 22 juin 1912, le conseil de guerre de la division militaire d’Alger le condamne à cinq ans de travaux publics pour « outrages envers un supérieur, coups et blessures commis avec préméditation et guet-apens ». Le 19 octobre 1913, il passe à la section spéciale de répression du 173e régiment d’infanterie (Haute-Corse). Le 17 mai 1915, un décret le gracie du restant de sa peine avec effet immédiat. Deux jours plus tard, il passe à la section spéciale de répression du 6e régiment d’infanterie, sur la petite île Madame (Charente-Inférieure / Charente-Maritime). Le 31 octobre, le conseil de guerre de la 18e région le condamne à huit ans de travaux publics pour outrages envers un supérieur pendant le service, refus d’obéissance sur un territoire en état de guerre, exécutoire le 6 novembre pour compter du 17 septembre. Le 6 avril 1916, étant détenu à l’atelier de travaux publics d’Orléansville – aujourd’hui Chlef, entre Alger et Oran – (au nord de l’Algérie), il est condamné par le 1er conseil de guerre permanent de la division militaire d’Oran à une peine de six ans de prison, pour « vol simple, disparition d’effets et rébellion envers les agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions ». Le 10 février 1918, il passe à la section spéciale de Calvi (Corse) du 173e R.I., où il est incorporé le 17 mars. Le 9 décembre 1919, il est écroué au pénitencier militaire (bagne, “Biribi”) d’Aïn-Beïda, sur les hauts plateaux des Sebkhas (1000 m d’altitude), dans le département de Constantine (au nord-est de l’Algérie). Amnistié par la loi du 29 avril 1921, Ferdinand Thiault est “élargi” le 22 mai suivant et dirigé sur le 46e régiment d’infanterie, cantonnant à l’école militaire de Paris. Le 2 juin, il est mis en congé illimité de démobilisation et se retire au 4, rue des Grandes-Bordes à Corbeil [2] (Seine-et-Oise / Essonne) ; il a 33 ans…

Le 22 juillet 1922, à Sotteville-les-Rouen (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [3] – 76), Ferdinand Thiault se marie avec Laure Tassu, 21 ans, née en 1901 à Ry (76). Trois jours plus tard, le 25 juillet, il déclare habiter 7 rue des Fossés-Louis VIII à Rouen, chez Monsieur Moutier.

Ferdinand et Laure Thiault auront cinq enfants, parmi lesquels Jean, né en 1923 à Rouen, et dont le dernier naîtra en 1940.

À la mi janvier 1924, la famille habite au 117, rue Lafayette, quartier de Saint-Sever à Rouen.

En juillet 1925, ils demeurent au 646, rue de Dieppe, à Déville-les-Rouen, à l’ouest de l’agglomération de Rouen (76).

Ferdinand Thiault est devenu ouvrier métallurgiste. Le 1er octobre 1925, il entre à l’usine de la Compagnie Française des Métaux – CFM – à Déville-les-Rouen, où l’on fabrique des tubes d’acier sans soudure ; ancienne « usine à plomb » dite « Le Plomb ».

Déville-les-Rouen. L’usine de la Compagnie des Métaux de Déville. Carte postale des années 1900. Collection Mémoire Vive.

En janvier 1928 et jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée dans la cité de la CFM, au 5, avenue Fauquet, à Déville-les-Rouen (là où la Clérette se jette dans le Cailly).

Au moment de son arrestation, Ferdinand Thiault se déclare comme chauffeur : wattman, il conduit le petit train et ses wagonnets qui transportent les tubes produits par l’usine vers la gare de Maromme, commune limitrophe.