Fernand Charlot. © Simone Longuet, sa nièce.
En 1913, la famille est installée au 11, rue Basse des Semonts à Épernay. Le fils aîné, Lucien Dumangin, est alors caviste.
Le 10 octobre 1913, celui-ci est incorporé au 106e régiment d’infanterie, en garnison à Châlons-sur-Marne, afin d’y accomplir son service militaire. Il est encore sous les drapeaux quand la guerre éclate. Dès le 1er août 1914, le régiment embarque en train pour s’approcher du front, dans le secteur de Saint-Benoît. Le baptême du feu a lieu le 22 août vers Cons-la-Granville, puis c’est la retraite. Le 27 août, le jeune sous-lieutenant de réserve Maurice Genevoix rejoint la 7e compagnie au sein du régiment. Le 10 septembre 1914, lors de la bataille de la Marne, au sud de Verdun, Lucien Dumangin est d’abord porté disparu à Rembercourt-aux-Pots (Meuse) à la suite d’une violente attaque allemande dans la nuit et sous la pluie, puis il est déclaré inhumé près de la ferme de la Vaux-Marie « du 15 au 17 septembre » (sic), probablement dans une fosse commune ; son décès (« tué à l’ennemi ») sera acté le 17 décembre par un avis officiel ministériel, puis par un jugement du tribunal civil d’Épernay du 1er février 1917.
Pendant un temps, Fernand Charlot, qui habite encore chez ses parents, travaille comme camionneur (?).
Le 12 avril 1915, c’est à son tour d’être incorporé comme soldat de 2e classe au 94e régiment d’infanterie. Il part aux armées le 5 décembre. Le 7 janvier 1916, il est évacué malade. Il rejoint les armées le 5 février suivant. Le 25 septembre 1916, lors de la bataille de la Somme, le 32e corps d’armée reçoit mission de s’emparer du village détruit de Rancourt, point stratégique sur la ligne de ravitaillement de l’armée allemande. Lors de cette offensive, qui occasionne de lourdes pertes humaines (450 tués et 500 blessés parmi les hommes de troupe du régiment), Fernand Charlot est blessé par balle au poignet gauche. Le 9 février, il est cité à l’ordre de la 5e brigade : « En campagne depuis le début, a toujours montré un grand courage au cours des derniers combats. Grâce à son sang-froid, a assuré le ravitaillement de sa compagnie ». Il reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze.
Après avoir été soigné, il rentre au dépôt le 2 novembre 1916. Le 6 décembre, il passe au 84e R.I. Le 20 décembre, il est envoyé en renfort de l’Armée d’Orient et embarque à Marseille pour rejoindre son nouveau régiment d’affectation, déjà présent en Serbie face à l’armée Bulgare, dans les tranchées sous le piton fortifié du Skra di Legen (1097 m).
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Le 1er octobre 1917, Fernand Charlot passe au 45e R.I., qui occupe le même secteur. Le 7 novembre, il est évacué malade. Le 26 décembre, il est rapatrié sur le Lafayette , ancien paquebot transatlantique transformé en navire-hôpital. Le 1er janvier 1918, il est débarqué à Hyères pour y être hospitalisé. Il rentre au corps dans la zone des armées le 25 mars 1918. Le lendemain, il est de nouveau évacué malade. Il rentre au dépôt le 19 juin. Le 25 janvier 1919, il passe au 219e R.I. Le 25 août suivant, il est envoyé en congé illimité de démobilisation et se retire à Épernay. À compter du 30 septembre 1920, l’armée le classera affecté spécial à la 5e section de chemins de fer de campagne.
Son jeune frère Émilien, mobilisé le 7 avril 1918 comme soldat de 2e classe au 2e bataillon de chasseurs à pied, est décédé le 7 juillet 1919 à l’hôpital complémentaire n° 8 de Troyes (Aube), âgé de 20 ans, des « suites d’une maladie contractée en service commandé ».
Début septembre 1919, Fernand Charlot est hébergé au 20, rue Clabaut à Amiens (Somme), dans la famille de son futur beau-père, habitant une petite maison sur rue.
Le couple emménage bientôt dans une petite maison donnant sur le trottoir du 30, rue Sire-Bernard à Amiens.
La maison du 30, rue Sire-Bernard à Amiens. © Stéphane Longuet.