Fernand SAVOYE

Matricule 46098
decede
Photographie de Fernand SAVOYE
Fernand Savoye ©« Femmes et Hommes de Romainville » — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2013/06/savoye-fernand-ernest/
Convoi 45000

Fernand Ernest Savoye naît le 12 décembre 1903 à Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne), fils d’Arthur Savoye, 35 ans, charretier, et d’Henriette, Bellonie, Renvier, 35 ans, son épouse, domiciliés au 92 rue des Marais à Paris 10e. La naissance a eu lieu chez son grand-père maternel, Édouard Augustin Renvier, 62 ans, commis de culture. Il semble que Fernand Savoye soit fils unique (à vérifier…).

À la mi-septembre 1907, la famille habite au 55 rue Amelot (Paris 11e). Début août 1909, ils sont au 38 boulevard de la République à Noisy-le-Sec (Seine / Seine-Saint-Denis – 93). En janvier 1913, ils sont installés au 4 rue de la Madeleine dans la même commune.

Le 2 août 1914, le père de famille, 46 ans, réserviste au 35e régiment territorial d’infanterie, est rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale. Mais, le 6 février 1915, il est « renvoyé provisoirement dans ses foyers (…) , maintenu à la disposition du ministère de la Guerre pendant la durée des hostilités ».

En 1924, Arthur Savoye est inscrit dans les pages “retranchements” de la liste électorale de Romainville [1] (93), comme « cocher » domicilié au 63, rue Jean-Jaurès, avec la mention « interdit » (?) dans la colonne “Observations”.

Au printemps 1926, Fernand Savoye habite chez ses parents au 69, rue Jean-Jaurès à Romainville, probablement dans un pavillon. Son père est toujours charretier et lui-même est électricien.

Le 8 mai 1926 au Pré-Saint-Gervais (93), Fernand Savoye épouse Charlotte Louise Wagner, née le 27 novembre 1904 à Paris 19e. Ils ont une première fille : Jeannine, née le 15 juillet 1929 à Romainville.

En 1931, tous trois habitent avec les parents de Fernand, à Romainville. Son père est alors charretier pour la société Maggi à Paris.

La deuxième fille de Fernand et Henriette, Ginette, naît le 31 mars 1935.

En 1936, le patriarche est camionneur pour la société Maggi et Fernand est employé au Comptoir d’Escompte à Paris.

En juin 1941, le commissaire de police de la circonscription des Lilas l’inscrit sur une liste de suspects à interner en le désignant comme un « élément particulièrement actif de la propagande communiste clandestine ».

Le 26 juin 1941, Fernand Savoye est arrêté à son domicile par deux inspecteur de la préfecture de police. Le préfet de police a signé l’arrêté ordonnant son internement administratif « en application du décret du 18 novembre 1939 ». Mais, en réalité, il est pris dans le cadre d’une vaste opération menée en concertation avec l’occupant. En effet, pendant quelques jours, plusieurs dizaines de militants de Paris et de la “petite couronne” arrêtés dans les mêmes conditions sont aussitôt conduits dans la cour de l’Hôtel (de) Matignon [2], alors désigné comme siège de la Geheime Feldpolizei (GFP), pour y être “mis à la disposition des autorités d’occupation” [3]. Tous sont ensuite regroupés au Fort de Romainville, sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), premier élément du Frontstalag 122 ; considérés comme étant en transit, ils ne sont pas enregistrés sur les registres du camp. Le lendemain, ils sont conduits à la gare du Bourget et un train les transporte à Compiègne (Oise), où ils sont les premiers internés du camp allemand de Royallieu, administré et gardé par la Wehrmacht ( Polizeihaftlager – extension du Frontstalag 122 ) [4]. Fernand Savoye y sera interné plus d’un an.

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.